R.A.S. est un pamphlet franco-italo-tunisien réalisé par Yves Boisset, coécrit par Claude Veillot, d'après une histoire de Roland Perrot sur une musique composée par François de Roubaix qui traite de la guerre d'Algérie, et de la façon dont l'armée française a traité l'insoumission de certains appelés, parmi lesquels il y a le communiste et pacifiste Alain Charpentier (joué par Jacques Weber... excellent).... le Caporal Rémy March (joué par Jacques Spiesser)... le bourgeois antimilitariste Raymond Dax (joué par Jean-François Balmer) tête de turc de l'immonde adjudant-chef Santoni (joué par Claude Brosset)...
R.A.S. signifiant « rien à signaler » dans les contextes militaire et administratif... permet de révéler au grand public de jeunes acteurs pour la plupart quasi inconnus à l'époque du tournage : Jacques Spiesser, Jacques Weber, Jean-François Balmer, Claude Brosset, Roland Blanche (le sergent Lebel), Jean-Pierre Castaldi ( le sergent Carbone (Parachutiste) et Jacques Villeret (le soldat Girot) qu'on trouve aux cotés d'acteurs confirmé comme Philippe Leroy-Beaulieu (Le Trou de Jacques Becker, Milan calibre 9 (Milano calibro 9) de Fernando Di Leo ou Liberté, mon amour ! (en italien : Libera, amore mio!) de Mauro Bolognini) qui joue le commandant Lecoq ou Michel Peyrelon (Un condé d'Yves Boisset ou La Scoumoune de José Giovanni) dans le role du lieutenant Keller...
Yves Boisset spécialiste des sujets polémiques, (voir Un condé ou L'Attentat), aborde ici le conflit algérien, thème encore très sensible en France à l'époque avec un film qui connaît quelques soucis avec la censure, laquelle exige (entre autres) que la scène de torture soit coupée (ce qui est toujours le cas, car la scéne de la gégène est toujours invisible du moins dans son intégralité) tout en montrant certains de ces appelés pas très glorieux colonialistes et racistes...
L'habit fait le moine comme le cinéaste le dit en faisant remarquer que pendant le tournage... comme par exemple le comportement de certains figurants (membre du LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire) supposés incarner des CRS ou des Manifestants ou encore des membres du Commando Parachutiste se prenant réellement au jeu (les CRS tapant vraiment sur les manifestants ou d'autres devenant réellement un Commando Militaire pur et dur)...
Enfin bref, malgré son cotés un peu trop démonstratif, le R.A.S d'Yves Boisset est une œuvre nécessaire sur cette Guerre sans Nom très rarement traité directement au Cinéma Français (Avoir vingt ans dans les Aurès de René Vautier avant le film d’Yves Boisset... La Question de Laurent Heynemann, L'Honneur d'un capitaine de Pierre Schoendoerffer, Cher frangin de Gérard Mordillat, La Trahison de Philippe Faucon, Mon colonel de Laurent Herbiet et L'Ennemi intime de Florent Emilio Siri... Après) et courageuse... Chapeau Monsieur Yves Boisset... dont le film (son sixieme) est a voir absolument.