Hou-ou-ou-ou-ou !
Le fameux loup de Tex Avery ne resterait pas muet en lasérisant des yeux la sculpturale Robin Givens dans ce film, sous-titré "La reine des pommes". Pour croquer avec elle, c'est quand elle veut et où elle veut ! Oui, d'accord, réaction de machiste de base hypnotisé dans son canapé ! Et les autres ? Heu, elle joue à merveille de ses "atouts physiques"... Bref, Robin Givens (ex-Mme Tyson) ne met pas de gants avec la libido masculine pour son premier rôle au cinéma.
Avec "Rage in Harlem", l'acteur Bill Duke passe derrière la caméra et agrandit le club des cinéastes noirs alors en vogue à Hollywood. Fidèle aux titres anglais et français, le film adapte l'un des classiques du polar signé Chester Himes. La négritude y est cernée dans un Harlem peuplé de personnages extravagants et, pour certains, sympathiquement hors-la-loi. C'est le cas d'Immabelle, bombe sexuelle qui met le feu aux poudres (N.B. : facile, mais trop tentant !) en détournant une pleine malle d'or. Elle débarque avec celle-ci dans la chambre et la vie du dadais Jackson. Triste employé de pompes funèbres qui remercie chaque matin Jésus de l'aider à échapper aux femmes ! Mais le croque-mort coincé va vite goûter au plaisir du croque-madame !
"L'ours et la poupée" noue une imprévisible histoire d'amour quand l'intrigue s'emballe avec des coups de feu, des poursuites. Les anciens complices surgissent. Le caïd du quartier s'en mêle. Le demi-frère Jackson aimerait bien toucher le gros lot (pas Immabelle, le butin !). Double jeu, fusillades et rebondissements dans une belle reconstitution des années 50. Les comédiens, tous "de couleur", s'en donnent à coeur joie sur une bande son très blues.
A l'évidence, Bill Duke a voulu faire une version black du film noir à l'américaine. Mais, question mise en scène, c'est plutôt... obscur ! Passe encore qu'il y ait de l'invraisemblance et des clichés à revendre au fil des situations, le genre l'implique. Mais on se demande durant 1 h 45 si le film relève de l'hommage admiratif ou de la parodie.
Il y a au moins une scène irrésistible : quand le caïd capitule car on vient de prendre en otage... sa petite chienne !
Le rôle du lourdaud se transformant en héros par amour convient tout à fait à Forest Whitaker, célèbre de puis "Bird".
Machiste ou pas, quand Robin Givens fait presque fondre l'écran avec ses déhanchements étudiés, difficile de visionner "Rage in Harlem" sans être sur les dents !