On pourrait séparer les films en deux catégories. Ceux qui privilégient le déroulement et ceux qui privilégient la résolution. À la fin d’une histoire, on peut donc se demander : maintenant que je sais la fin, est-ce que le long-métrage est toujours aussi digne d’intérêt ? La plupart des films à twists ou des polars mettent tellement l’accent sur leurs fins que tout ce qui précède perd finalement en intérêts de manière rétroactive. Cette perte d’intérêt n’est cependant pas d’impact sur le film si la clôture de l’intrigue répond aux attentes des spectateurices. On peut simplement se dire que maintenant qu’on sait, on ne le regardera pas une seconde fois. Les films qui privilégient le déroulement, eux, peuvent au contraire délaisser leurs fins. On retrouve cette idée dans bon nombre de comédies familiales qui peuvent être extrêmement efficaces tout au long de l’intrigue, mais finir par certains poncifs attendus depuis la séquence d’ouverture.
Ainsi, les priorités d’écriture ne sont pas les mêmes. Quand on vise une fin mémorable, on construit un mystère, une intrigue dont l’issue ne sera découverte qu’au dernier moment. Quand on s’attèle à un bon cheminement, on sera plus attentifs à créer des personnages qui évoluent, font bouger les dynamiques et donnent des intentions nouvelles aux relations. Évidemment, le but est d’arriver à un déroulement intéressant ainsi qu’une fin inattendue. Évidemment, ce qu’on veut éviter à tout prix, c’est de n’avoir ni l’un ni l’autre...
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