Difficile de voir en Rambo, réalisé par Ted Kotcheff, autre chose qu’un prétexte à enchaîner explosions, fusillades et clichés sur l’Amérique des années 80.
Le film démarre sur des bases fragiles : John Rambo, vétéran du Vietnam errant sans but, se retrouve traqué par une armée de policiers pour avoir simplement voulu s’abriter dans une petite ville. Dès lors, tout n’est qu’escalade absurde. La mise en scène tente de rythmer certaines séquences, mais le scénario, ou ce qui en tient lieu, n’est qu’un prétexte pour empiler des scènes d’action de plus en plus invraisemblables. L’écriture repose sur des facilités criantes : le lancer de caillou miraculeux, l’intervention d’une centaine d’hommes pour capturer un seul vagabond... Rien n’a vraiment de sens, et encore moins les personnages.
D’un manichéisme grossier, ils se réduisent à des archétypes sans profondeur, survolés par des flashbacks mal intégrés et inutiles. Rambo lui-même, interprété par Sylvester Stallone, semble dénué de toute émotion. Son monologue final, censé être poignant, tombe complètement à plat tant le jeu d’acteur est inexistant. Les dialogues ne relèvent rien : ils enchaînent insultes et phrases pseudo-percutantes, vidant encore davantage le film de toute subtilité.
En somme, Rambo n’a pas grand-chose à offrir en dehors de ses scènes d’action tonitruantes. Le spectacle peut plaire à ceux qui recherchent un film primaire et bourrin, mais pour quiconque attend un minimum de fond, c’est une coquille vide.