Le récit est intéressant et fort, avec la mise en lumière d'un vétéran cabossé, meurtri, qui revient au bercail, et se heurte à une société pour laquelle il a tout donné en partant au front, mais où il n'a désormais plus sa place.
Le charisme de Stallone dans ce rôle, les flashbacks de la guerre qui sont distillés avec parcimonie, et les deux environnements proposés (la ville, où Rambo se sent comme une biche surprise par les phares d'une voiture ; puis la forêt, où le chien de guerre se réveille et ramène auprès de ses concitoyens la loi de la jungle qui l'a marqué à vie), sont les 3 atouts majeurs de ce film, qui mérite la moyenne !
Malheureusement, je trouve que "5", c'est suffisant, la faute à deux défauts qui ternissent l'expérience :
- c'est vraiment trop lent, trop étiré
- le roman qui a inspiré le film, est trop vaguement suivi :
o la fin du film est totalement à côté ! Je veux bien qu'on change des choses dans une adaptation, qu'on prenne des libertés, mais là, franchement...
o le personnage de Rambo est édulcoré, il épargne ses ennemis et ne tue qu'une personne (dans le livre, il est beaucoup plus impitoyable et le message délivré n'en est que plus intense... Ce qui sera rétabli dans les volets cinématographiques suivants ; mais malheureusement c'est ici qu'il aurait fallu déchaîner Rambo sans limite, puis en rester là !). Conclusion : Sly, qui a poussé pour rendre le héros plus "gentil" que dans le support de base, fait deux victimes, une dans le film (un personnage exécuté), et une seconde, qui est le roman de départ ! Dommage !