Personnage iconique des années 80, rattaché à une forme de virilité et de surpuissance américaine par excellence, John Rambo mérite d’être redécouvert aujourd’hui car il a été mal compris… à commencer par Sylvester Stallone lui-même.
À l’opposé de l’image de film d’action explosif qu’ont donnée ses suites, Rambo (First Blood en anglais) est davantage un film politique, voire un drame. On y suit cet ancien soldat profondément fragile et meurtri par une guerre qu’il n’a ni choisie ni comprise. Persécuté par un chef de police de village profitant de la moindre excuse pour se sortir de l’ennui de son quotidien, Rambo est confronté à ses traumatismes et répond de la seule manière qu’il connaisse : par la violence.
Très éloigné des films suivants, qui célébrent l’image d’une Amérique toute-puissante et d’un héros invincible, cet opus est bien plus efficace et poignant quand il représente cet homme brisé et en larmes se débattant de toutes ses forces pour survivre sans comprendre pourquoi sa nation, ses compatriotes et ses amis l’ont abandonné.