Rapt
7.2
Rapt

Film de Charles Crichton (1952)

Mouque à brin... Traduction :

Tout d'abord : méfiez-vous des imitations : sans trop me forcer j'ai trouvé au-moins quatre titres éponymes, dont un film coquin... Quand on découvre le générique, on croit bon de préciser "Hunter". Il s'agit donc de Rapt comme bien indiqué dans SC, et non précédé de l'article "le" comme indiqué par erreur dans mon journal des programmes TV dont il reste un tout petit peu de place pour eux...

Et puis il y a tromperie sur la marchandise : rapt signifie, selon mon larousse : "Fait de s'emparer illégalement de quelqu'un ; enlèvement, kidnapping." Généralement accompagné d'une demande de rançon...

Or ici, un gamin fugueur, turbulent et battu, va coller aux basques d'un meurtrier en fuite, quitte à se rompre les os en sautant du haut d'un pont sur un train de marchandises, lequel ne sait plus comment s'en débarrasser (pas le train, le fuyard !) ... On se demande qui kidnappe l'autre car le gosse semble avoir trouvé en lui son père d'adoption et de mauvaise fortune !

"ène mouque à brin" comme on qualifie dans le nord et en ch'ti, quelqu'un de collant genre sangsue, ou encore une voiture qui vous suit de trop près, et ne parvenant pas à vous doubler même en faisant du "saute-mouton" ...

Expression signifiant mouche à caca comme c'est à dire ces gros insectes bleuâtres qui se ruent sur les bouses laissées par les vaches dans les pâturages, pour ceux qui connaissent les joies d'avoir marché dedans par mégarde, les plaisirs de la vie rurale comme le chant du coq le matin !

J'ai regardé ce film à l'aveugle, comme je le fais souvent, sans rien chercher à en découvrir préalablement... Au début j'ai cru à un film d'Hitchcock... Un meurtre, une fuite, l'ambiance made in England, la rigueur et le noir d'encre des images...

Mais j'ai vite déchanté car aux joies de la découverte a succédé un long moment d'ennui, interrompu par une fin stupide ou en tout cas mal amenée ! Désespérant...

Mais on est en 1952 et je crois bien que ce long-métrage n'a pas eu droit à la traversée du Channel à l'époque ! De plus, tout ce récit est loin d'être crédible de nos jours, sauf peut-être sur Netflix ?

Et pourtant ce film malgré un scénario basique et qui en plus évolue mal, vaut pour son caractère historique : tout d'abord avec une machine à produire en matière de réalisation : Charles Christon, (1910-1999), un britannique père de 46 films de 1944 à 1988, année où il signe son chant du cygne : "Un poisson nommé Wanda (A Fish Called Wanda)"

Ensuite avec un monstre sacré comme acteur : Dirk Bogaerde (1921-1999) dont j'ai renoncé à compter le nombre de tournages comme acteur, mais qui en est déjà à son onzième film et en pleine jeunesse...

J'ai par contre détesté le jeu du gamin perturbé "pseudo-kidnappé" : Jon Whiteley dont c'est le premier d'une carrière éphémère de cinq films et décédé en 2020... Ses grimaces (voulues ?) sont agaçantes, sa façon de jouer pas naturelle... Bref une "tête à claques" mal dépeinte et pas du tout empathique genre "un bon petit diable"

Ce film étant dénué de tout humour, je vais me détendre après ce commentaire avec les "Dalton de Morris (BD de Lucky Luke)" véritables fuyards de métier, qui eux au-moins sont amusants avec la citation célèbre d'Averel : quand est-ce qu'on mange !...

Arte le 20.03.2023


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le 23 mars 2023

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