La prise en otage d'une célébrité de l'industrie pharmaceutique par des braqueurs de banques entraine une invraisemblable course-poursuite policière et une cacophonique foire médiatique.
"Rapt à l'italienne" est le film de l'ironie totale. Dino Risi n'épargne aucun des personnages, pas même les plus insignifiants, dans cette farce où le cinéaste renvoie dos à dos la société de type occidental et les groupes terroristes d'extrême-gauche très actifs dans les années 70. La relation entre l'otage et ses ravisseurs n'est pas marquée, mais alors pas du tout, par le réalisme. L'un est un patron réac et égoïste, pantin ridicule de veulerie et bourgeois méprisable, les autres sont de médiocres gangsters prêts à s'engouffrer dans le courant politique gauchiste.
Cette satire sociale mouvementée peut amuser de temps à autres par la caricature et par certaines situations cocasses. Mais le film de Risi semble parfois trop brouillon. A trop se disperser, le propos du cinéaste, déjà diminué par la prépondérance de la farce, ne permet pas vraiment une réflexion politique très significative sur la société. Il y a sans doute trop d'approximations dans la mise en scène comme dans le scénario.