Les critiques du film sont en général très élogieuses, mais basées sur des résumés erronés. Le plus mauvais est naturellement celui de Wikipédia et le meilleure est celui du Ciné-club de Caen. Je soupçonne certains glossateurs de ne pas avoir vu le film car, comme le dit Télérama, c’est “une œuvre que l’on connaît parfois sans même l’avoir vue”. Beaucoup confondent la réputation du film, construite par les agents qui ont fait sa promotion à la Mostra de Venise où il a remporté le Lion d'or, et sa réception réelle dans différents pays et à différentes époques.
J’avoue que j’avais adoré ce film il y a une dizaine d’années: J’avais brièvement noté dans Ciné Monde : Ce film serait parfait sans le happy end aussi artificiel que moralisateur : l'adoption par le bûcheron, qui a beaucoup à se faire pardonner, d'un nouveau-né abandonné.
Aujourd’hui, je suis beaucoup plus critique après avoir visionné 158 japonais produits entre 1913 et 1952.
La scène du premier témoignage est théâtrale et bavarde et celle de la reconstitution dynamique est muette, mais avec une musique extradiégétique tonitruante. Tout le film répète cette structure, avec plus de dialogues au cours de chaque reconstitution. Le cinquième récit, la seconde version du bûcheron, est différente de son témoignage produit au tribunal. La reconstitution est la moins intéressante car tous les acteurs surjouent leur rôle. Le duel entre le mari et le bandit frise le ridicule.
Le happy end, qui semble crédibiliser le dernier récit, est aussi artificiel que moralisateur. Le bûcheron adopte un bébé abandonné par on ne sait qui ni surtout quand car il est bien sec alors que la pluie torrentielle continue d’inonder les marches du temple.
MIFUNE Toshirō, adulé par KUROSAWA Akira, en fait trop en hurlant son texte. Il reste la superbe photographie de MIYAGAWA Kazuo.
Lire : AKUTAGAWA Ryūnosuke, Rashōmon et autres contes [recueil de nouvelles], 1965 [Partage en ligne].