L'Agonie d'Elem Klimov est un des nombreux films maudits du cinéma soviétique, produit au milieu des années 70 mais ne sortant qu'une dizaine d'années plus tard et de façon anecdotique. Le réalisateur Klimov (auteur de l'iconique Requiem pour un massacre par la suite) était un satiriste, du moins à ses débuts, et même si un esprit de satire transparaît également dans L'Agonie, c'est tout de même un passage dans un autre registre pour le cinéaste. Il s'agit d'un film historique plus ou moins centré sur l'énigmatique, illuminé dérangé Raspoutine, le fameux mystique qui tenait sous son pouvoir la famille du Tsar Nicolas II. Cependant il ne faut pas voir cette oeuvre comme un cours d'Histoire rigoureux sur les événements de l'époque, car évidemment censure et propagande soviétique obligent, le récit doit être conforme à l'hypocrisie du régime et donc parfois biaisé; le film dénonce les crimes et l'horreur du Tsarisme. L'Agonie en question est celle d'un système, du régime tsariste avec des descriptions cinglantes de la décadence de l'aristocratie, de la mainmise des financiers, des profiteurs de guerre, de l'état-major soumis et de la cour manipulée par un fou; le tout entrecoupé par des séquences d'archives en noir et blanc et un narrateur mettant en avant l'historicité des faits. Le film est chaotique dans sa narration, complexe à aborder pour un public non averti, tout n'est pas toujours clair, des scènes restent fort étranges. Le tournage mélange les scènes d'extérieurs hivernales, boueuses, dégueulasse et des intérieurs aux fastes factices créés en studio. Énormément de plans voir chapitres sont fascinants, avec de la puissance visuelle à la fois baroque et cradingue, des variations dans le tempo du montage. Enfin un mot sur la prestation d'Alexey Petrenko en Raspoutine, déjà il y a une certaine ressemblance physique mais l'acteur se offre une performance mémorable, complètement en roue-libre jusqu'à l'hystérie.

YgorParizel
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le 12 mars 2026

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Ygor Parizel

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