Après ses premiers films satiriques (dont l'excellent Les aventures d'un dentiste), Klimov passe à la vitesse supérieure avec Raspoutine, l'agonie, fresque hallucinée qui est moins un portrait du moine qu'une vision de la déliquescence du pouvoir tsariste. Le crépuscule d'une époque, un an avant 1917, avec une Russie engluée dans une guerre désastreuse et une aristocratie plus que jamais coupée du peuple. En cela, Raspoutine est pour Klimov un personnage symbolique et métaphorique de tous les vices qui affligent la classe dirigeante. Le portrait de Raspoutine, outre son côté "habité", vise à un certain réalisme de même que celui du tsar, assez nuancé et loin de l'imagerie sanguinaire véhiculée en URSS. Avec ses aspects baroques et un montage souvent fiévreux, le film se perd parfois dans un formalisme trop prononcé. Mais, par ailleurs, sa large utilisation d'archives, souvent étonnantes, le ramène à sa dimension historique. Terminé en 1975, il a été bloqué par la censure et n'a pu être vu qu'en 1981 en Russie.

Cinephile-doux
6
Écrit par

Créée

le 19 nov. 2017

Critique lue 388 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 388 fois

1

D'autres avis sur Raspoutine, l'agonie

Raspoutine, l'agonie

Raspoutine, l'agonie

9

Sledgekind

le 6 oct. 2011

Suivre

Qui est Raspoutine ?

Il semblerait qu'Elem Klimov soit particulièrement doué pour narrer la fin et surtout les déboires d'une nation. Avant Requiem pour un massacre, chef d'oeuvre dont je me risquerai presque à dire...

Raspoutine, l'agonie

Raspoutine, l'agonie

8

King-Jo

le 17 sept. 2013

Suivre

En hommage aux trésors cinématographiques de ton pays, on se met une race Poutine ?

Elem Klimov est surtout connu pour avoir réalisé le célèbre, traumatisant et hyperréaliste Requiem pour un massacre, sorti en 1985, année pendant laquelle a pu également sortir un autre de ses films,...

Raspoutine, l'agonie

Raspoutine, l'agonie

6

Cinephile-doux

le 19 nov. 2017

Suivre

Le crépuscule des tsars

Après ses premiers films satiriques (dont l'excellent Les aventures d'un dentiste), Klimov passe à la vitesse supérieure avec Raspoutine, l'agonie, fresque hallucinée qui est moins un portrait du...

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

le 28 mai 2023

Suivre

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

France

France

8

Cinephile-doux

le 25 août 2021

Suivre

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

le 25 sept. 2021

Suivre

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...