Avec Ready Player One, Steven Spielberg livre un blockbuster foisonnant où le virtuel déborde de tous côtés.
Là où le film me captive le plus, c’est dans tout ce qui touche au personnage de Halliday, interprété avec une prestation très “Spielbergienne” par Mark Rylance. Son aura nostalgique rappelle presque la légende de la chouette d’or, et donne au récit une profondeur que je ne retrouve pas vraiment ailleurs. Formellement, je n’ai rien à redire : les séquences dans l’Oasis sont visuellement impeccables, les poursuites ébouriffantes, et certaines idées de mise en scène — la revisite de Shining, la course de voitures ou l’esthétique lors de la marche arrière — témoignent d’un réalisateur qui maîtrise son outil.
Mais tout s’effrite du côté des personnages. Entre un Sorrento en méchant caricatural, Samantha présentée comme potentiellment “pas très jolie IRL” mais évidemment parfaite, et un Wade dont les amis risquent leur vie au quart de tour, je trouve l’écriture terriblement convenue. Le fan-service omniprésent finit aussi par lasser : on empile les références comme si l’accumulation suffisait à créer de l’émotion, là où elle étouffe en réalité le propos. La romance entre Wade et Samantha, elle, reste d’une mièvrerie prévisible.
Au final, je suis partagé : j’admire la virtuosité formelle et la figure touchante de Halliday, mais je reste à distance du reste. Un film divertissant, parfois grisant, mais qui me laisse une émotion bien légère une fois la partie terminée.