6
le 29 mars 2018
SuivreThe grateful eighties
Le blockbuster a toujours indexé sa hype sur les évolutions technologiques : en essayant d’en mettre plein les yeux à son public, les équipes ont révolutionné d’abord d’inventivité, puis de moyens,...
D’expérience, je suis habitué à ne voir dans les films que des parodies de Geek stéréotypé et une culture pleine de clichés trop lourdement appuyés. Et c’est précisément ce que la bande annonce laissait présager en nous offrant un gloubiboulga fan service de toute la culture pop des année 70-90, de King Kong à Star Wars en passant par retour vers le futur et bien d’autres choses encore, dans une impressionnante scène d’action CGI… J’étais donc assez sceptique à mon entrée en salle, d’autant que Spielberg ne m’a pas émerveillé depuis des lustres et surtout pas avec son dernier film (pour enfant certes), le BGG, qui est un véritable navet, qu’on se le dise ! Seulement il semblerait que je me sois lourdement trompé sur ce coup et ce n’est pas pour me déplaire, Ready Player One enchaîne les références (aussi bien visuelles qu'auditives avec le cube Zemekis par exemple ou même dans la mise en scène avec des petits passages repris d'autres œuvres), il enchaîne oui mais jamais il ne les met en avant avec insistance. Il ne s’agit que d’une toile de fond parfaitement intégré au scénario et qui donne un univers visuellement (et culturellement) très riche. Les personnages ne sont pas non plus caricaturaux, le héros n’est ni le beau gosse qu’on voit dans tous les films pour ado ni l’habituel gros looser boutonneux à lunette du lycée… même s’il s’en rapproche (il faut bien l’avouer), il ne parait pas caricatural, il ne vit pas dans le même contexte, il est courageux, il défend des valeurs, bref ce n’est pas un héros qu’on prend en pitié pour une fois. Le film démarre en grande pompe, introduction sur la scène de course explosive de la bande annonce et déjà, le constat est sans appel : C’EST PUTAIN DE BEAU. Les CGI sont d’une qualité rarement atteinte jusqu’alors (mise à part un souci de synchro labiale lorsque le magicien énonce les règles du jeu mais il faudrait voir en vo pour juger, je ne pense pas que ce soit encore le cas). Pourtant, une grosse partie du budget a déjà du partir dans les nombreux droits de licences, c’est donc un exploit qu’aucun de ces deux points n’ait été sacrifié, surtout pour un film de 2h20, troisième point qui aurait pu souffrir du budget relativement faible (175M).
L’histoire se déroule dans un univers futuriste ou un brillant concepteur a inventé un jeu révolutionnaire aux possibilités infini nommé Oasis dans lequel les joueur se plonge en Réalité Virtuelle. Lorsque ce génie adulé comme un dieu finit par mourir, il lance une dernière quête au monde entier : celui qui trouvera les trois clefs cachées dans l’oasis deviendra le propriétaire de la société la plus lucrative du monde. Bien évidement une société rivale va tenter de remporter le pactole tant convoité en y mettant des moyens considérables, quitte à outrepasser les lois en menaçant et en exploitant des gens. Tout cela dans le but de faire de l’oasis non plus un espace de loisir mais un enfer pour les consommateurs, assaillis de publicité pour maximiser encore d’avantage sa rentabilité. C’est donc dans ce contexte de rivalité entre une poignée de joueurs et la multinationale sans scrupule que sera embarqué notre héro pour la conquête de ce monde virtuel…
C’est un scénario simple mais efficace qui divertira aussi bien les Geeks que les non initiés à cette culture. Il est vrai qu’aux vues du contexte et des événements très rapidement évoqués en introduction du film, le contexte aurait été propice à poser des questions philosophiques dignes des meilleurs épisodes de Black Mirror ; mais il ne le fera jamais. C’est quelques chose qu’on pourrait donc lui reprocher. Pourtant, je pense que le film y aurait perdu son approche grand publique et, pour être honnête, il semble déjà (presque trop) condensé dans ses 2h20, par conséquent je pense que ces thématiques, aussi intéressantes soient-elles, auraient difficilement pu être intégrées au film sans en altérer la nature et/ou la qualité. Ready Player One n’est donc qu’un pur produit de divertissement, mise à part la satire qu’on pourrait voir** très (trop) rapidement évoquée de l’approche des jeux vidéos modernes qui ont une forte tendance à être pensés d’avantage en termes de profits qu’en terme de qualités ludiquo-artistique.** Lorsque l’ont sort du film, on ne demande qu’a en voir d’avantage, et c’est pourquoi il m’a donné envie de m’intéresser au livre qui, je l’espère, ira plus loin que ce que cet excellent film propose (notamment sur les réflexions qui ont été esquivées ici). En cela je pense qu’il accomplit parfaitement son rôle d’adaptation puisqu’il invite à s’intéresser à l’œuvre originale !
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les films avec les meilleurs effets spéciaux, Les meilleurs films de Steven Spielberg, Les meilleurs films des années 2010, Vus au cinéma et Les meilleurs films cyberpunk
Créée
le 10 avr. 2018
Critique lue 307 fois
6
le 29 mars 2018
SuivreLe blockbuster a toujours indexé sa hype sur les évolutions technologiques : en essayant d’en mettre plein les yeux à son public, les équipes ont révolutionné d’abord d’inventivité, puis de moyens,...
10
le 28 mars 2018
SuivreQue dire ? Que dire à part "C'est génial !" Que dire à part : "Il faut y aller putain ! Que dire à part : "Wouha !" Un petit "Merci Steven ?" Certainement. Car Ready Player One, c'était un fantasme...
8
le 9 avr. 2018
SuivreLa nostalgie, c'est quand même bien pratique. Ca nous offre l'occasion de nous replonger avec émotion dans nos vieux souvenirs d'enfance ou d'adolescence, de les enjoliver au passage et de pouvoir se...
8
le 8 mars 2022
SuivreAu sujet du titre de cette critique Alors que tous les regards se tournent déjà tous vers Elden Ring je me sens dans l’obligation morale de briser la malédiction qui semble accabler la saga Horizon...
4
le 24 déc. 2019
SuivreIl y a tout juste 2 ans je me suis lancé dans la très célèbre trilogie de jeu vidéo Polonais The Witcher. Cependant, il y a une chose que j’ignorais en me lançant dans l’aventure Witcher, c’est que...
8
le 12 mai 2024
SuivreComme trop souvent de nos jours, on n’échappe pas à 2,3 polémiques qui viennent plomber l’ambiance et causer du tort aux bonnes chose de la vie. Je vais donc être encore une fois obligé de commencer...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème