Plus d'un an que j'attendais ce film. J'avais vraiment peur d'être déçu et me voilà estomaqué. Un mélange étonnant entre l'univers de Dupieux et un film à la David Lynch. Si par le passé il était déroutant, cette fois il dépasse les limites du supportable. On n'y comprend rien certes. "Du non sens, c'est gratuit, il cherche juste à perdre son spectateur gnagnagna". Pas seulement monsieur! Il nous entraîne à travers un monde qui lui est propre où comme un certain film de Lelouche, plusieurs histoires sont faites pour se croiser à moment donné. Quel croisement nom de dieu. Chaque élément est relié tout en étant dénué de sens. Comme Lynch, c'est frustrant. Comme Dupieux, c'est loufoque. La musique, pas de lui je suis un peu déçu à ce niveau là bien qu'elle soit parfaite, est une sorte de boucle, un son d'orgue répétitif (faisant pour ma part penser à la musique du Samouraï de Melville), composée par Philip Glass lui même. Entre rêve et réalité, Dupieux joue avec la caméra, comme d'habitude. Qui est dans le film? Où est le film? Qui filme? Qui regarde le film? Perturbant.
Une sorte de farce, de cauchemard, que nous fait subir l'Oizo. Pas le temps de s'ennuyer sur 1h27, mais la façon qu'il a de nous tenir en haleine me laisse bouche bée. Sacré coup de caméra! Il sait filmer indéniablement. Sans rentrer dans une longue, douloureuse, médiocre et ennuyeuse analyse de plan, en parlant uniquement de l'esthétisme, c'est juste beau. Et tout ça sans prétention, c'est un monde à part, il nous y plonge, je m'y allonge.