C'était en 1932, Cavanlcanti posait les bases de ce qu'était les bases de ce qu'est le film sur les rêve dans Dead of Night: la circularité, le fait de ne plus savoir si on est réveillé ou pas. Inception dans sa verticalité neuneu avait complètement oublié ça, Dupieux reprend le mécanisme à son compte, pour ce qu'on peut voir comme la métaphore du processus créatif (en l’occurrence en film, mais c'est plus large que ça)… métaphore bien barrée comme il faut.
Dupieux couple à ce mécanisme des rêves imbriqués, le s truc qu'il sait le mieux faire : faire passer pour normal des choses qui n'aurait aucune logique hors du film. Du coup là où le film sur les rêves imbriqués joue beaucoup sur la peur de se réveiller, et la peur d'avoir peur, ici on se balade gaiement partout. Film qu'on voit avant qu'il soit réalisé, animaux morts partout, santé mentale qui dégringole, tout ça devrait virer à la psychose. Mais non, ici tout respire le calme et le bonheur.
Tout est compréhensible aussi, on se demande jamais trop où on en est, on se laisse bercer. Tout le monde est là, le génie taciturne (qui a une interprète d'ailleurs, on peut pas le comprendre), le créatif angoissé, l'avar de succès, l'enfant curieux. Au début c'est compliqué, on sait pas comment s'installer pour parler, puis après on se donne à fond, puis on se rend compte qu'on fait de la merde et qu'on devient dingue. Tout ce petit monde vivant au milieu de la «nature» : l'architecture bois et les animaux empaillés . Puis au bout d'un moment tout ça fait sens. Enfin «sens»… mais oui, il y a bien une métaphore de la création d'un film, vu de l'intérieur, et très bien saisi.
Ce sur-symbolisme et cette complication des imbrications pourrait virer à la grande leçon pédante. Mais non Dupieux regarde tout ça avec humour, distance et laisse Chabat et Lambert (juste parfaits) être joyeusement tarés.