REVU EN DVD
Le premier personnage qui m’ait véritablement glacé le sang dans l’œuvre d’Alfred Hitchcock n’est pas Norman Bates, mais la gouvernante de Rebecca.
C’est ma mère qui m’a initié aux films du grand maître britannique. Elle n’était pas une cinéphile acharnée, mais elle vouait à Hitchcock une admiration fidèle. À chaque diffusion d’un de ses longs métrages, j’avais la chance de les découvrir à ses côtés.
Elle aimait profondément Rebecca. Avant la séance, elle m’avait mis en garde contre la figure de la gouvernante. Et lorsque j’ai vu le film pour la première fois, ce personnage, pourtant secondaire, a éclipsé tous les autres tant sa présence imposait une inquiétude sourde.
Rebecca tient du thriller gothique. Le récit s’ouvre sur une histoire d’amour, puis le couple s’installe dans l’imposante demeure du châtelain. Mais la maison semble habitée par l’ombre de la défunte épouse… et par l’austère, inquiétante gouvernante qui veille sur son souvenir avec une dévotion maladive.
Le film demeure l’un des sommets de l’œuvre d’Hitchcock. Pour moi, il reste surtout un souvenir impérissable, tissé dans cette complicité silencieuse avec ma mère. C’est aussi cela, le cinéma.