« REC 3 : Genesis » : genèse d’une daube lancinante
La sortie de « Rec 3 : Genesis » de Paco Plaza s’annonçait comme une réussite. Attendu avec impatience depuis des mois par une armée d’admirateurs des deux premiers opus, la surprise la plus totale fut, non pas de découvrir un chef d’œuvre apocalyptique mais une daube cataclysmique.
La bande-annonce laissait pourtant présager un bel avenir à nos âmes impatientes à l’approche de ce 4 avril 2012 que l’on n’aurait jamais pensé si fatidique ! Des êtres contaminés par dizaines, le retour de la célèbre créature rachitique qui nous avait tant effrayés, une mariée en pleine course avec une tronçonneuse, un mariage complètement sens dessus dessous… toutes les cartes étaient sur la table pour la quinte flush. Voilà où commence la genèse d’une daube lancinante qui titube et s’effondre lamentablement sur sol dans les éclaboussures de son propre traquenard.
Comment prendre les problèmes que posent « REC 3 : GENESIS » dans l’ordre ? La plus grande incohérence et restant la plus grosse erreur et le plus impardonnable parti-pris de ce film c’est le changement totalement mal maîtrisé de manière de filmer. Du subjectif on passe de manière injustifiée et incohérente à une caméra omnisciente totalement exclue de l’action et la confusion la plus grandiloquente nait alors. Mais où Paco Plaza avait-il donc la tête quand il a délibérément choisi de faire une erreur cinématographique aussi idiote ? Car nous sommes bel et bien devant un axiomatique cas de bêtise en termes de réalisation. Est-ce même encore possible en 2012 de faire des bévues aussi grosses que pourraient l’être celles d’un étudiant en première année de vidéographie ? C’est d’autant plus dommage que la crédibilité entière du film est mise à mal par cet illogisme irrémissible dès la vingtième minute environ, après l’arrivée du générique.
Heureusement, dans son malheur et son ânerie, Paco Plaza a dû se targuer d’un bon cadreur et d’un bon directeur artistique parce que certaines prises et certains plans sont succulents pour le regard. Dommage qu’ils se fassent aussi rares que les ours blancs en Arctique de nos jours…
Se réclamer de l’humour féroce et décalé des Monty Pythons ou des films dans la veine de « Shaun of the dead » est une chose ; rivaliser avec ceux-ci ou bien tout simplement parvenir à toucher le même type d’ironie et de verve en est une autre. On aurait dû le comprendre dès le générique semi-ironique plaqué sur de la musette espagnole estampillée de « photos » avec petits effets windows amateur des acteurs « pré-mariage » : les quatre-vingt-treize minutes de film vont être laborieuses. Le mot « lourd » associé à la notion d’humour n’a jamais pris une tournure aussi concrète qu’entre les lignes de « REC 3 » : il en va de tous les gags les plus malvenus. Des petites musiques humoristico-romantiques aux blagues à deux pesos, du marié qui enfile l’armure de Saint-Georges pour aller sauver sa belle (qui se serait bigrement bien débrouillée toute seule si ce n’eut pas été pour retrouver ce couillon) aux gags de circonstances jouant sur tous les front : le système sonore, la Bible, le tonton en mutation, le papi et son sonotone qui déconne, la maman transformée en qui on veut encore voir de l’amour et bien sûr les nymphomanes de service invités par défaut qui n’avaient rien vu venir… En fin de compte, ne vous méprenez pas, « REC 3 » ce n’est pas la grosse poilade version « La cité de la peur » mais plutôt quelques idées volées à un mauvais épisode de « Bob l’Eponge » (qui est lui-même, d’ailleurs, piètrement évoqué dans le film… on préférera en taire les détails).
La suite logique, découlant naturellement de cette bribe d’humour massacrée, vient bien sûr des acteurs eux-mêmes. La palme du « ratage » revient bien entendu à l’acteur qui joue Koldo (Diego Martín) qui, malgré ses aptitudes en comédie certaines, ne parvient pas à faire décoller ce personnage à la vocation satyrique. De même pour les invités du mariage qui parviennent à le suivre un temps dans sa quête pour retrouver Clara (la mariée) qui passent dans le champ et s’efface à mesure des secondes, comme une empreinte de condensation sur une vitre froide. Le rôle du prêtre est assez convaincant, en revanche, en sorte de « clé vers la solution » totalement inattendue : réciter la Bible en espagnol, c’est un Art… et apparemment, le démon n’aime pas ça. Sacrilegio !
Une onde positive plane malgré tout sur le film, elle porte un visage féminin et se nomme Leticia Dolera. Elle interprète bien évidemment Clara, la mariée à la tronçonneuse. A contrario de la lourdeur imposé par les autres membres du casting, on retrouve un visage ici bien différent ; celui de l’actrice, sans mériter un oscar, signe une performance intéressante et dissemblable du désarroi général du film. Mise à part sa beauté transcendante, son personnage reste de loin le plus travaillé : rappelant des inspirations qui font recette et qui imposent la femme en guerrière, le personnage de Clara évoque les héroïnes les plus féroces et combattives : Alice de « Resident Evil », un brin de Lara Croft dans « Tomb Raider » ou encore Selene des « Underworld ». Une actrice qui a de belles années devant elle donc ; ayant par ailleurs signé une autre superbe prestation dans la saison deux de la série « Mad Dogs ».
« REC 3 : GENESIS » aurait pu finir d’une manière surprenante, d’une manière si épatante que l’on n’aurait plus pu contenir notre engouement, dandinant sur nos fauteuils de cinéma douillets la rage au ventre et la fureur dans les yeux. Rage et fureur il fut, devant une fin sans grand spectacle, sans grande écriture, le point final d’un scénario si laborieux et douloureusement affligeant qu’il fallut le finir d’une manière linéaire. La lueur du jour est plaisante, surtout vis-à-vis des costumes maculés de sang et bien travaillés dans l’usure des acteurs, mais ne vient pas éclairer le dénouement de ce script, en donnant la mort brutalement au dernier espoir de spin-off sensationnel ou encore de cross-over avec le premier opus.
Le travail sur le maquillage, la scénographie, les décors et les costumes est, en revanche, comme sur les deux premiers opus, particulièrement remarquable et travaillé. Une importante majeure est accordée à l’esthétisme des « mutants/zombies » dans ce film et le frisson s’en ressent lors des plans plus serrés ou des scènes un peu plus gores. Les mutations sont progressives et les détails dans l’avancée du « virus » sont épatants, la franchise « REC » peut saluer ses artisans maquilleurs, décorateurs, scénographes et costumiers pour le travail rendu sur les trois tournages de la série. Et même si le décor de ce troisième opus paraît plus vaste que ceux des deux premiers films, il n’en est pas moins un théâtre sanglant bien choisi, aux recoins variés et complexes accueillant les scènes de poursuite et de festin sanguinaire dans les meilleures conditions.
Du point de vue de la trilogie dans son ensemble, même si le cheminement que semble poursuivre ce troisième opus parait cohérent, il ne reste pas moins sous-exploité. Les différents signes distillés discrètement durant le film montrant les relations directes de temporalité et de sujet avec le premier opus restent bien chaudement conservés au four et retombent tel un soufflé trop cuit au son du couperet final. Nos espoirs d’établir une connexion rêvée entre les deux films et d’y entrevoir une résolution plus claire sont laissés à l’abandon et il ne demeure alors au final que de vagues suppositions sur lesquelles nos lèvres restent suspendues.
Solution ultime qui viendra probablement nous surprendre par derrière avec une morsure fatale dans le quatrième opus, puisque Paco Plaza a précisé qu’un énième long-métrage viendrait s’ajouter à la note et ainsi compléter la franchise « REC ». Une idée qui ne nous plait alors qu’à moitié, après le fiasco total de ce film décousu et malmené en tous fronts. « REC 3 : GENESIS » serait-il alors un film au scénario en quelque sorte prématuré ? La maturité de celui-ci reviendrait-elle nous frapper en plein visage lors du quatrième opus ? Vous le saurez dans les salles d’ici un an et demie, si vous parvenez à vous mettre une tape dans le dos afin de vous convaincre d’y mettre un pieds…
Le verdict reste malgré tout sans appel : « REC 3 : GENESIS » patauge inextricablement dans une jobarderie cinglante que même l’esthétisme et le talent latent ne parviennent pas à sauver des eaux. Ne pensez pas voir un beau film, ne pensez pas voir un film qui fait peur, ne pensez pas non plus pouvoir en rire, n’espérez pas un bon scénario ni des bons acteurs et par-dessus tout, oubliez sur le champ l’idée même d’un bon divertissement. «REC 3 » est un peu le cas d’école d’une mutinerie d’expérimentation foireuse où tout le talent d’une actrice parvient à être gâché derrière des inepties stylistiques sans nom et des faux airs de films d’horreur sauce humour noir à éviter.
La déception a pris forme humaine, ou presque.
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En bonus, la Genèse (Livre I) en espagnol, extrait de La Biblia de las Américas
1. En el principio creó Dios los cielos y la tierra.
2. Y la tierra estaba sin orden y vacía, y las tinieblas cubrían la superficie del abismo, y el Espíritu de Dios se movía sobre la superficie de las aguas.
3. Y dijo Dios: Sea la luz. Y hubo luz.
4. Y vio Dios que la luz era buena; y separó Dios la luz de las tinieblas.
5. Y llamó Dios a la luz día, y a las tinieblas llamó noche. Y fue la tarde y fue la manana: un día.
6. Entonces dijo Dios: Haya expansión en medio de las aguas, y separe las aguas de las aguas.
7. E hizo Dios la expansión, y separó las aguas que estaban debajo de la expansión de las aguas que estaban sobre la expansión. Y fue así.
8. Y llamó Dios a la expansión cielos. Y fue la tarde y fue la manana: el segundo día.
9. Entonces dijo Dios: Júntense en un lugar las aguas que están debajo de los cielos, y que aparezca lo seco. Y fue así.
10. Y llamó Dios a lo seco tierra, y al conjunto de las aguas llamó mares. Y vio Dios que era bueno.
11. Y dijo Dios: Produzca la tierra vegetación: hierbas que den semilla, y árboles frutales que den fruto sobre la tierra según su género, con su semilla en él. Y fue así.
12. Y produjo la tierra vegetación: hierbas que dan semilla según su género, y árboles que dan fruto con su semilla en él, según su género. Y vio Dios que era bueno.
13. Y fue la tarde y fue la manana: el tercer día.
14. Entonces dijo Dios: Haya lumbreras en la expansión de los cielos para separar el día de la noche, y sean para senales y para estaciones y para días y para anos;
15. y sean por luminarias en la expansión de los cielos para alumbrar sobre la tierra. Y fue así.
16. E hizo Dios las dos grandes lumbreras, la lumbrera mayor para dominio del día y la lumbrera menor para dominio de la noche; hizo también las estrellas.
17. Y Dios las puso en la expansión de los cielos para alumbrar sobre la tierra,
18. y para dominar en el día y en la noche, y para separar la luz de las tinieblas. Y vio Dios que era bueno.
19. Y fue la tarde y fue la manana: el cuarto día.
20. Entonces dijo Dios: Llénense las aguas de multitudes de seres vivientes, y vuelen las aves sobre la tierra en la abierta expansión de los cielos.
21. Y creó Dios los grandes monstruos marinos y todo ser viviente que se mueve, de los cuales están llenas las aguas según su género, y toda ave según su género. Y vio Dios que era bueno.
22. Y Dios los bendijo, diciendo: Sed fecundos y multiplicaos, y llenad las aguas en los mares, y multiplíquense las aves en la tierra.
23. Y fue la tarde y fue la manana: el quinto día.
24. Entonces dijo Dios: Produzca la tierra seres vivientes según su género: ganados, reptiles y bestias de la tierra según su género. Y fue así.
25. E hizo Dios las bestias de la tierra según su género, y el ganado según su género, y todo lo que se arrastra sobre la tierra según su género. Y vio Dios que era bueno.
26. Y dijo Dios: Hagamos al hombre a nuestra imagen, conforme a nuestra semejanza; y ejerza dominio sobre los peces del mar, sobre las aves del cielo, sobre los ganados, sobre toda la tierra, y sobre todo reptil que se arrastra sobre la tierra.
27. Creó, pues, Dios al hombre a imagen suya, a imagen de Dios lo creó; varón y hembra los creó.
28. Y los bendijo Dios y les dijo: Sed fecundos y multiplicaos, y llenad la tierra y sojuzgadla; ejerced dominio sobre los peces del mar, sobre las aves del cielo y sobre todo ser viviente que se mueve sobre la tierra.
29. Y dijo Dios: He aquí, yo os he dado toda planta que da semilla que hay en la superficie de toda la tierra, y todo árbol que tiene fruto que da semilla; esto os servirá de alimento.
30. Y a toda bestia de la tierra, a toda ave de los cielos y a todo lo que se mueve sobre la tierra, y que tiene vida, les he dado toda planta verde para alimento. Y fue así.
31. Y vio Dios todo lo que había hecho, y he aquí que era bueno en gran manera. Y fue la tarde y fue la manana: el sexto día.