Sous ses airs de drame intimiste, Recalled de Michael Connors m’a laissé une impression d'inachevé, une œuvre qui effleure sans jamais toucher. Avec une sincérité manifeste, le film ambitionne d’explorer les blessures invisibles des vétérans, mais s’empêtre dans une narration trop lisse et un traitement émotionnel désincarné.
Le protagoniste, pourtant pivot du récit, peine à exister autrement que comme une silhouette : dialogues figés, psychologie superficielle, regards qui n’atteignent jamais vraiment le spectateur. Même la mise en scène, étrangement atone, semble se perdre dans une grisaille esthétique sans relief.
Il faut reconnaître à Connors une réelle volonté de bien faire, mais celle-ci se noie dans un manque de souffle et de singularité. Au lieu d’une immersion poignante, Recalled devient un écho lointain d’une œuvre que l'on aurait voulu plus vibrante, plus habitée.
En définitive, un film qui, à force de retenue, finit par s’oublier. 3/10, avec malgré tout une nuance d'espoir pour l'avenir de son réalisateur.