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Je ne dis pas que j’attendais quelque chose de Reconnu coupable. Surtout de la part d’un réalisateur tel que Timur Bekmambetov, dont la carrière ne m’a jamais inspiré – Wanted : Choisis ton destin, Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires et le remake de Ben-Hur… voilà voilà ! Mais j’étais intrigué par cette intrigue à la Minority Report – un flic se retrouvant face au système auquel il a lui-même contribué et dont il devra mettre en lumière les failles -, que n’aurait clairement pas renié Philip K. Dick. De plus, le tout se vend comme un divertissement en huis clos, le personnage principal restant bloqué dans un siège pendant qu’il assiste, spectateur, à tout ce qui se passe en dehors du procès. Bref, il y avait vraiment de quoi attiser la curiosité. Et si Reconnu coupable s’avère être un divertissement mené tambour battant, il n’est clairement pas à la hauteur de ses différentes promesses. Rien que sur la forme, le long-métrage aborde le genre du screenlife – suivre l’action à travers des caméras de surveillance, de téléphone, de drone… – mais sans parvenir à le respecter, car glissant des plans filmés de manière classique. Ce qui transforme le concept en un gloubi-boulga visuellement incohérent, dans un film à la photographie déjà pas folichonne. Ensuite, autre défaut de taille : le rythme. Pour résumer le récit, il s’agit d’une course-contre-la-montre de 90 minutes… dans un film qui en dure tout autant. De ce fait, l’intrigue n’a pas le temps de tergiverser et se précipite dans ce qu’elle raconte. Enchaîne sur les images à une vitesse folle au point de ne pas se soucier des incohérences d’écriture. Et nous envoie carrément à la figure toutes ses informations et actions sans nous laisser le temps de respirer. Sans exagération, je suis arrivé en fin de visionnage complètement éreinté et saoulé. Pour terminer, c’est également sur le fond que le bât blesse. Car si le titre se vend, comme une sorte de Minority Report, il fait l’exact inverse en ce qui concerne sa thématique. Plutôt que d’en révéler les failles, il montre à quel point cette technologie – en l’occurrence l’IA – est un superbe outil. Dont la seule défaillance proviendrait d’un choix humain. Ce que confirme d’ailleurs le climax. Partant donc sur un aspect propagande bien lisse présentant quelque chose de discutable – ce n’est pas pour rien que l’IA fait aujourd’hui débat sur le plan éthique et culturel -, le film n’a finalement plus rien à dire et se présente ainsi comme un divertissement creux au possible. En conclusion, je ne dis pas avoir perdu mon temps malgré la sensation de fatigue à l’arrivée. Car l’ensemble bouge et vous emmène dans son sillage sans aucune difficulté. Mais il y a des propositions plus convaincantes et maîtrisées si vous désirez vous laisser embarquer de la sorte dans un récit.
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