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le 31 janv. 2026
SuivreSans Mercy
Grand défenseur du nouveau système Mercy (une intelligence artificielle pensée comme juge, jury et bourreau pour accélérer les procédures), le lieutenant Raven se réveille un beau jour lui-même dans...
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Ni plus ni moins que la surprise de l'année. Oui, l'année viens seulement de démarrer et j'ose dire que ce film est déjà la surprise de l'année!
Mais je suis sorti de la salle avec cette sensation étrange d’anticiper déjà la vague de commentaires que j’allais lire en ligne... Le thriller d’action un peu bourrin, l’IA réduite à un gadget à la mode, pour espérer surfer sur une mode, le montage trop nerveux, presque agressif, le film qui irait trop vite pour son propre bien... J’avais presque l’impression qu’on allait lui coller cette étiquette de divertissement jetable, comme si j'entendais déjà les commentaires.
Et pourtant, la première chose qui m’est restée en tête, ce n’est pas un forum ou une punchline assassine, c’est mon père. Mon père qui, en sortant, me dit tranquillement que ça faisait des années qu’il ne s'étais pas autant régalé devant un film. Lui qui est pourtant ultra exigeant, qui adore les récits à concept, les mécaniques de manipulation façon The Game, les face à face sous haute tension à la Volte face, s’était clairement régalé.
Et mine de rien, ça pèse lourd dans mon regard, puisque c'est de ça dont je me souviendrai le plus vis à vis de ce film.
Ce mélange très contemporain entre intelligence artificielle, futur proche vaguement anxiogène et casting bankable, ça pouvait sentir le produit opportuniste, le film pensé pour cocher des cases et disparaître six mois plus tard. Puis le récit a le bon goût de démarrer très vite et en moins d’une minute tout est posé. Pas de détour, pas de préambule inutile, juste ce vieux moteur dramatique toujours imparable du compte à rebours, tu as un temps limité pour prouver ton innocence, après quoi la machine judiciaire t’écrase. Le trope de la survie du personnage principal explique en moins d'une minute, pour une démarrage très efficace! La promesse est limpide et ce qui est malin, c’est que ce chronomètre finit par contaminer la séance entière. Je me suis surpris à sentir le film comme un espace ludique, presque interactif, à me dire que je fouillais moi aussi dans les fichiers avec les personnages, que je recoupais les images, que j’essayais d’avoir un coup d’avance sur l’enquête.
Tout est volontairement resserré.
Peu de protagonistes, un terrain de jeu limité, une intrigue qui va droit devant. Oui, on devine certaines directions. Oui, il y a quelque chose d’assez mécanique dans la façon dont les pièces du puzzle s’emboîtent. Mais cette lisibilité fonctionne parce qu’elle est portée par une mise en scène qui joue vraiment avec l’ère numérique. Ces multiples fenêtres flottantes, ces interfaces holographiques, ces flux d’informations qu’on manipule en temps réel donnent au film une texture presque expérimentale dans le cadre d’un blockbuster. Comme si on assistait à un nouveau genre de film, bien plus immersif. À un moment, je me suis même dit que ce concept aurait pu devenir une série de films, une nouvelle licence centrée sur ce type de procédures futuristes sous pression maximale, tant le dispositif semble prêt à être décliné.
On imagine facilement, plusieurs histoire raconter de cette manière, en incluant bien plus le spectateur dans l'enquête. Supprimant alors barrière qu'on a entre nous, l'écran et les personnages, pour nous inviter beaucoup plus à nous pencher sur les preuves, pour construire aussi nos hypothèses.
Il y a du génie là dedans et je pèse mes mots!
Là où par contre j’ai commencé à tiquer, c’est sur l’écriture des dialogues. Certains échanges sont franchement lourds, trop explicatifs, parfois même un peu bêtes dans leur manière de souligner ce que l’image raconte déjà. Et surtout, cette tentative d’humaniser l’intelligence artificielle pile au moment où l’intrigue en a besoin m’a paru terriblement convenue. Comme si le film cochait un passage obligé du genre, quitte à perdre en cohérence. Ces moments là donnent une impression de produit un peu cheap, ce qui est frustrant quand, à côté, l’efficacité générale est indéniable et que le film assume une vraie nervosité de forme.
L'IA qui fait semblant d'être froide au début, pour se révéler bien plus humaine et comme une collègue agréable et doux au final... On est à la limite d'un conte Disney quand on les entends parler et ça entache quand même suffisamment le visionnage pour pouvoir en sortir certain du film.
Ce qui m’a frappé aussi, en y repensant, c’est à quel point le film s’inscrit dans cette tradition du thriller à concept des années 90 ou 2000, avec une idée simple poussée jusqu’à l’obsession, un héros acculé, une mécanique qui ne laisse aucun répit. Il y a quelque chose de très direct, presque old school dans sa manière de vouloir divertir avant tout, de maintenir la tension sans chercher à transformer son propos en manifeste philosophique définitif sur la technologie. Ça pourra frustrer ceux qui espéraient une réflexion beaucoup plus profonde sur l’IA, ses biais, ses implications politiques ou sociales. Moi, j’y ai surtout vu un choix assumé de rester dans un registre de pur suspense, quitte à simplifier certains enjeux pour ne jamais casser le rythme.
On est dans la ligné de ces bons vieux films à concept, qui vont promettre de l'action efficacement porté par un montage bien pensé.
Au final, ce qui domine, c’est le plaisir.
Le plaisir d’un film qui annonce clairement sa règle du jeu et qui s’y tient jusqu’au bout, qui ose un montage frénétique, une narration fragmentée, une esthétique saturée d’écrans et de données sans s’excuser. J’ai beaucoup de respect pour ce résultat, pour cette envie de jouer avec la forme dans un cadre grand public, pour cette générosité dans l’efficacité brute. Et puis il y a ce souvenir précis, très personnel, de mon père souriant à la sortie, heureux d’avoir retrouvé ce frisson du thriller à concept qu’il adore. Rien que pour ça, j’ai du mal à souhaiter à ce film de finir dans les oubliettes. Moi, je suis content de l’avoir vu, et j’ai gardé ce petit battement d’excitation en repensant à son idée centrale, comme à un jeu qu’on aurait envie de relancer juste pour voir si, cette fois, on peut battre le chrono avant qu’il ne tombe à zéro.
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Créée
le 6 févr. 2026
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