Hollywood a toujours aimé les combats de David contre Goliath, surtout quand David porte un costume sur mesure et les traits de Richard Gere. Avec RED CORNER, Jon Avnet pensait signer le thriller paranoïaque ultime sur l'enfer carcéral et judiciaire chinois.
En effet, la première heure est un modèle de tension étouffante, matérialisant avec brio la terreur absolue de la perte de contrôle face à une machine étatique opaque et inflexible. La mise en scène, bien que classique, s'appuie sur la photographie glaciale de Karl Walter Lindenlaub pour transformer Pékin en un labyrinthe carcéral à ciel ouvert. Devant la caméra, la confrontation dramatique entre l'arrogance occidentale brisée de Richard Gere et la dignité impériale de Bai Ling donne au film ses plus belles lettres de noblesse. Bien que le cahier des charges du studio finisse par pointer le bout de son nez, l'immersion reste totale.
Pourtant, derrière l'efficacité de ce rouleau compresseur se cache une réalité de production bien plus sinueuse. Entre un tournage clandestin sous haute surveillance et des retombées géopolitiques massives qui allaient définitivement sceller le destin de son acteur principal à Hollywood, les secrets de fabrication de ce long-métrage dépassent de loin la fiction.
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