Une comédie éminemment sympathique et rafraîchissante qui repose avant tout sur ses comédiens, tous excellents. Le contexte est assez original pour son p'tit côté pré-Un fauteuil pour deux avec ses magouilles autour de la spéculation sur les haricots rouges.
Si on oublie un petit passage à vide avant le dernier tiers, où le scénario se répète un peu, l'histoire est assez bien ficelée et rythmée. J'avoue de ne pas avoir vraiment compris à quoi faisaient vraiment références les "retention card" à l'origine de la richesse du héros (titres aux porteurs ? actions ? Stock options ?) mais, à part ça, ne suit agréablement. La réalisation n'est pas forcément excessivement dynamique et on a déjà vu un scope mieux utilisé, en revanche la narration et le montage sont bien tenus avec pas mal de scènes assez courtes et des ellipses bien utilisés.
C'est donc sur la direction d'acteurs que Red Diamond sort surtout du lot. Il y a un vrai plaisir communicatif à voir les acteurs évoluer grâce à un excellent timing et un casting savoureux (comme lors de la rencontre entre la mère et la prostituée - personnage un peu sous-exploitée malheureusement). La relative longueur des plans est l'occasion d'interactions entre les personnages parfaitement millimétrée d'autant qu'il est difficile de ne pas s'attacher à la candeur et à la maladresse de Fujita Makoto, génial dans ce rôle de gaffeur pugnace et plein de bonne volonté.
Sans être la comédie du siècle, il y a quelques moments qui font vraiment rire (rien que l'ouverture !) et on a le sourire pratiquement du début à la fin.
Ancien assistant, notamment de Fukasaku, Shigehiro Ozawa ou Tadashi Imai, Michio Konishi est passé à la réalisation en 1962 pour signer une dizaine de films avant de faire une longue carrière dans la télévision à partir de 1968 et jusqu'à la fin des années 80 où il a beaucoup bossé sur différents Sentaï.
Je suis curieux de découvrir ses premiers longs métrages pour voir s'ils sont aussi plaisant que ce Red Diamond.