Red Sonja de M.J. Bassett est un film d’heroic-fantasy aussi ambitieux que maladroit, qui tente de ressusciter l’icône guerrière des comics dans un mélange détonant de violence brute, de paysages grandioses et de dialogues parfois ringards, le tout servi par un budget visiblement serré mais une énergie indéniable. Porté par une Matilda Lutz déterminée – même si son personnage peine à transcender le cliché de la « guerrière badass » –, le film oscille entre scènes d’action sanglantes et moments de pure série B, assumant sans complexe son statut de divertissement du samedi soir, entre hommage nostalgique aux films des années 80 et tentative (inégale) de modernité. Si l’ensemble manque cruellement de cohérence et de moyens pour rivaliser avec les blockbusters du genre, il possède néanmoins un charme désinvolte, celui d’un nanar sincère qui, malgré ses défauts, offre quelques frissons et une bouffée d’aventure pure – à condition d’accepter de jouer le jeu.