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le 27 oct. 2022
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Image carrée, sublime noir et blanc vaporeux digne du Jim Jarmusch de « Coffee and Cigarettes » et belle composition musicale d’Alex Nevsky (un joli baptême du feu pour le compositeur) enrobent la première scène du nouveau film de Luc Picard, un film qu’il a écrit, produit, tourné et dans lequel il se donne le rôle principal. Et cette introduction à la classe et à la poésie folle pourra certes paraître un peu gratuite et maniérée mais il n’empêche qu’elle est belle à se damner et de très bon goût. Plusieurs séquences qui vont nous donner le la pour deux heures d’un très beau long-métrage en forme de film choral. « Rédemptions » apparaît même comme la bonne surprise du cinéma québécois de cet été. Notamment après la relative déception des deux comédies sorties plus tôt dans le mois, en l’occurrence le sympathique « François.e » - qui ne s’avérait pas aussi drôle qu’espéré bien que portant un beau message d’acceptation - et, surtout, le décevant et anecdotique « 125, rue des Malaises ».
Picard signe en effet ici une chronique inspirée et maîtrisée qui encapsule une mosaïque de personnages (une dizaine) sur la thématique du pardon et de la compassion. On parle ici aussi de paternité sous toutes ses formes et forcément de hasard par le côté myriade de protagonistes reliés plus ou moins entre eux. Ce qui les lies d’ailleurs est une fusillade, celle qui inaugure le film dans la magnifique vignette vue précédemment avant que « Rédemptions » reprenne un format visuel plus classique mais néanmoins très à propos. D’ailleurs, la simili mise en abyme avec la fusillade tournée pour un film de l’autre côté de l’Atlantique est une jolie idée. Ensuite, Picard optimise parfaitement la tempête de neige au milieu du film, presque un personnage à part entière, ainsi que les aléas d’un montage alternant séquences à Paris et d’autres à Montréal sur six heures de temps. Notons tout de même qu’au début du long-métrage on est un peu perdus avec tous ces visages que rien ne semble relier. Pas désagréable mais un peu frustrant et c’est quand le puzzle se met en place que l’on prend de plus en plus de plaisir.
Le casting est au diapason de la réussite du film, mélangeant habilement et naturellement comédiens français de renom comme le grand Gérard Lanvin, dans un rôle presque magique d’acteur et de parrain, ainsi que Damien Bonnard et Louise Coldefy. Du côté québécois, outre Luc Picard lui-même magistral dans ce rôle de tueur vieillissant, le choix de faire tourner son fils Henri est méritoire. Révélé dans l’excellent « Le Plongeur », il est ici très séduisant et doué. En face, la Kelly Depeault que l’on avait découverte dans le flamboyant « La déesse des mouches à feu » est irradiante de douceur dans son premier grand rôle adulte. On passe d’un duo à l’autre avec douceur et on regarde ces beaux personnages joués par de grands acteurs se frotter au destin entre deux continents. Le scénario est bien écrit, les scènes bien dialoguées et il se dégage une forme de langueur attachante pour une œuvre entre polar et drame qui n’a pas à rougir des plus grands mélodrames. Une réussite!
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Créée
le 2 août 2026
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