Décidément Colleen Hoover a le vent en poupe à Hollywood! C’est la troisième adaptation de l’un de ses romans en à peine deux ans à sortir en salles. Et il est fort probable que ceux appréciant ses écrits vont y trouver leur compte tandis que ceux qui lui sont réfractaires ne devraient pas davantage accrocher. Avec « Reminders of him » on est toujours dans le mélodrame pur et dur, un genre qui revient par périodes avant de tomber en désuétude. Il y a une période pas si lointaine où ce fut les adaptations du même genre de Nicholas Sparks qui inondaient les écrans comme « Cher John » avec Channing Tatum et Amanda Seyfried sorti il y a presque vingt ans. Alors est-ce une bonne nouvelle que cet opus ne surprenne pas tout en confortant son public cible? Oui et non.
Dans cette nouvelle vague davantage orientée vers le public féminin (mais pas que), il y a eu le succès stratosphérique de « Jamais plus » avec Blake Lively. Un film qui parlait de masculinité toxique et de violence conjugale et qui n’était pas vraiment mémorable en plus d’effleurer son sujet de manière parfois ridicule. « Regretting you » a suivi et s’avérait beaucoup plus recommandable avec son histoire familiale qui ajoutait une dose de révélations et de suspense ainsi que des notes d’humour à sa structure programmatique de mélodrame. Malheureusement, « Reminders of him » retourne dans les carcans habituels du genre, sans foncièrement décevoir mais sans non plus innover ou surprendre. Ici on parle de seconde chance et de maternité. Des sujets intéressants mais traités un peu comme dans un roman de gare et qui aboutissent à un film qui aurait pu être diffusé dans le cadre des programmes fleur bleue du dimanche après-midi sur M6 ou TVA si la caution de l’autrice ne rendait pas le film plus prestigieux.
Ici tout est lisse et prévisible même si on ne peut pas dire non plus que le film tombe dans le sirupeux ou le niais. Mais, surtout, il y a beaucoup d’aspects cousus de fil blanc comme le fait que les deux protagonistes ne se soient jamais vus ou que les parents rancuniers changent si vite d’avis sur Kenna. Heureusement, le couple formé par Tyriq Withers et Maika Monroe développe une alchimie incontestable et c’est un peu le ciment de ce type de films. Elle, toute en sensibilité et résilience, est impeccable et change de registre après avoir été abonnée aux films de genre tandis que lui (découvert dans l’anomalie bizarre horrifique « H.I.M. ») montre un charme certain. Cela et les beaux paysages de l’Alberta assez bien filmés permettent à « Reminders of Him » de ne pas être laborieux ou désagréable. Le genre de film qui se regarde gentiment en pantoufle ou si l’on veut une petite séance de couple romantique. Mais c’est franchement pas indispensable.
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