Dans l'immense majorité des films, vous trouverez un seul point de vue de personnage. Si ce dernier est assez construit, vous en aurez potentiellement deux, mais rarement plus, avec une dichotomie assez marquée entre les personnages principaux et les antagonistes (même s'il y a parfois des twists). La grande réussite de Reminders of Him, c'est clairement de réussir à être assez subtil et bien écrit pour que tous les points de vue des différents personnages soient tout à fait entendables, sans distinction...
Sorti en 2026, on suit l'histoire de Kenna et de son combat pour voir sa fille alors qu'elle sort de prison après avoir provoqué un accident de voiture qui a entraîné la mort du père de sa fille. Histoire subtile et bien écrite, donc, où l'on comprend la vision de l'héroïne, partagée entre son envie de voir sa fille, ses remords et la culpabilité qui la ronge, et l'envie aussi de choisir la meilleure voie pour l'enfant, même si c'est au détriment d'elle-même. On comprend aussi la vision de Ledger, l'ex-meilleur ami du défunt, qui s'est occupé en partie de l'enfant, tiraillé entre les remords, la tristesse et son amour naissant pour Kenna, et on comprend, pour finir, les grands-parents, partagés entre la colère, la douleur et le deuil. De la partie technique au développement des personnages, qui ne sont jamais parfaits ou sans failles, on entre en empathie avec chacun d'entre eux pour conclure le film sur un final touchant et bien écrit. Pour aller vraiment loin dans la critique, on pourra regretter un début de film un peu long et un travail visuel qui aurait pu être très légèrement amélioré, mais clairement rien qui ne gâche le film.
Je ne sais pas si c'est une œuvre que je reverrais, puisque cette dernière est émotionnellement assez intense ; quoiqu'il en soit, c'est un film que je ne peux que vous recommander et qui, je l'espère, marquera les spectateurs comme il le mérite.