Vrai mélange de genres en un seul film où pour une fois Renfield est le héros et mérite sa rédemption : super-héros et super-vilains, fantaisie, comédie gore, vampires, buddy cop movie, action, mafia et même un poil d’ambiance mi-gothique mi-synthwave, tout y passe avec un métaphore intéressante sur le duo Dracula / Renfield présenté comme une relation toxique entre un patron narcissique pathologique prédateur mais à un niveau surpuissant et surnaturel, et un sbire qui regrette d’avoir fait un pacte avec le diable et veut retrouver sa liberté et son humanité malgré les pouvoirs qu’on lui a concédé.
Alors, c’est vrai que Nicholas Hoult semble dépeindre aux premiers abords un Renfield trop beau et trop gentil par rapport à l’imagerie habituelle qui représente le personnage plutôt fou. Le film prend le parti de faire de ses encas d’insectes une condition pour lui donner des super-pouvoirs proches du sbire de Jerry Dandrige dans Vampire ? Vous avez dit vampire ? ou d’un super-héros de chez KickAss ou Marvel. C’est toutefois contrebalancé quand Dracula révèle que Renfield a laissé tomber femme et enfant pour le suivre, et que le vampire pratique la maltraitance physique et morale sur son "serviteur".
Le choix de Nicholas Cage en Dracula est une bonne idée. On rappelle qu’il incarnait un mélange de Renfield et d’un patron toxique dans Embrasse-moi, vampire.
Et l’acteur arrive bien à rendre hommage à Bela Lugosi dans le classique de la Universal, mais en plus carnassier et sadique, le rendant aussi proche de Christopher Lee et Max Schreck (Nosferatu).
L’idée de la métaphore de la relation toxique passe très bien tellement le prince des ténèbres est égoïste et admet ouvertement qu’il veut soumettre le monde des mortels car il est plein de gens vulnérables comme Renfield. Il pousse même le vice à faire croire qu’il est la vraie victime car Renfield aurait « abusé » de ses dons et abandonné sa famille alors que c’est lui le vampire mangeur d’hommes qui le forçait à lui présenter des victimes pour ses besoins qui passeraient avant ceux des autres.
Renfield ! Je veux un troupeau de touristes égarés, des bonnes sœurs et un bus rempli de cheerleaders !
Le concept de thérapie de groupe est aussi à la fois caricaturé et mis en avant dans ce film. Car effectivement, dur de lutter contre un vampire comme Dracula à coup de livres de développement personnel. Mais c’est surtout le goût pour une vie paisible et pour la justice qui donnent la force de Renfield d’aider les autres et de s’aider soi-même pour enfin sortir d’une relation centenaire malsaine avec un prédateur de la nuit allié à la mafia (les autres prédateurs en société).
De chiffe molle pleureuse face à son patron, Renfield devient badass et finit par arriver à cogner son boss pourri à coup de poings à l’aide des conseils de son groupe de thérapie et d’une policière (Rebecca) en quête de vengeance :
Je me suffit à moi-même et je mérite le bonheur !
Le seul défaut que je donnerais à ce film est que l’hémoglobine n’est pas de très bonne facture en 3D alors les plans où ça passe le sang sont accélérées ou réduites au minimum pour faire cache-misère. Un peu dommage quand tout le reste de l’esthétisme est de bonne facture jusqu’à intégrer des scènes du film de Universal. Bref, le film est un bon condensé de genres et arrive à porter efficacement un message contre les relations malsaines en couple ou en entreprise, le tout dans un film de vampires.