Dès le départ on sent qu’il va se passer quelque chose avec ce petit film bourré de charme. Il y a une part de dépaysement indéniable qu’un pays comme le Japon exerce forcément sur le spectateur occidental. Et en prenant le point de vue d’un personnage principal américain, l’immersion est encore plus prégnante. Le postulat de départ ô combien original nous cueille également dès les premières séquences tout comme la bouille de ce Philip incarné par Brendan Fraser. Avec cette histoire de société qui loue des personnes pour jouer tel ou tel rôle, il y avait matière à divers types de développements dont celui de la comédie bien grasse, ce que « Rental Family » n’est pas du tout. On évite aussi le film purement atmosphérique voire contemplatif à la « Lost in Translation ». Au final, le second long-métrage de la japonaise Mitsuyo Miyazaki oscille entre légèreté parfumée de quelques notes d’humour et une émotion douce comme celle propre au feel-good movie.
Et « Rental Family » peut se targuer d’en être un. Car le film nous fait du bien et son petit cocon nippon nous enroule durant près de deux heures. Il est clair que le film semble hésiter dans sa première partie dans la direction à prendre justement, à doser la cocasserie du script avec ses potentialités plus dramatiques. Mais il parvient, petit à petit, à trouver le juste milieu et nous asséner joliment une belle leçon, sur la vie, la famille et les apparences. La narration pourra parfois sembler hésitante quand le script hésite à approfondir ses intrigues et personnages secondaires. Mais, de la même manière, tout devient plus évident et fluide à mesure que le film avance. Le discours, la morale, les différents personnages et les péripéties de cet acteur raté se découvrant une passion pour ces rôles dans la vraie vie s’imbriquent parfaitement, comme un joli puzzle.
Et puis il y a Brendan Fraser. Redécouvert comme par magie grâce à l’un des comebacks les plus improbables et surprenants de récente mémoire, récipiendaire d’un Oscar pour « The Whale », il est parfait dans ce rôle. Sa bonhommie et son air résilié collent impeccablement à son personnage. Dans son regard on voit un monde. Il émeut de manière naturelle, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Les seconds rôles japonais sont au diapason et les petites histoires incrustées dans la trame générale sont toutes charmantes. « Rental Family » regorge de moments charmants et touchants fondus dans une mise en scène discrète et sensible. Les plans sur les foyers d’un immeuble vus par les yeux du protagonistes sont particulièrement réussis tout comme ceux qui mettent bien en valeur la capitale japonaise sans tomber dans le cliché. Voilà donc une œuvre mignonne, apaisante et qui nous touche en plein cœur, un vrai film pour effacer les idées noires.
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