Purple in the morning, blue in the afternoon, orange in the evening and green at night.

Pour la petite histoire, j'ai découvert Requiem For A Dream en salle complètement par hasard. Non pas lors de sa sortie française en mars 2001 (je n'avais que 3 mois et demi), mais lors d'une projection spéciale de Noé, en avril 2014, ou Requiem For A Dream ouvrait les festivités. J'avais 13 ans et le film fut un véritable uppercut asséné par un Darren Aronofsky au meilleur de sa forme. Ayant par la suite récupéré le double DVD du film, édité par StudioCanal, et la B.O de Clint Mansell en format CD (prêtée par ailleurs à une amie qui l'a malencontreusement égarée -depuis je ne prête plus rien à quiconque-), j'ai vu et revu ce violent Requiem une bonne dizaine de fois. Lorsqu'un nouvel éditeur, Pop Bubbel', proposa la version Blu-ray 4K en avril 2025, j'ai sauté sur l'occasion malgré le prix ultra prohibitif du produit. Loin, très loin même, de posséder les suppléments de la double édition en DVD éditée par StudioCanal, la nouvelle version Blu-ray se devait néanmoins d'être mienne pour redécouvrir ce joyau du 7e Art. Même si j'ai cependant la mauvaise impression d'avoir été prise ici pour une vulgaire vache à lait (à 50€ l'édition, ça fait tout de même un peu mal au uq). Enfin bref, passons…

Que vaut donc Requiem For A Dream 24 ans après sa sortie salles en France ?...

Le film reste tout bonnement un pur joyau noir de jais où les petits rêves de quatre personnes vont se voir annihilés par une société de consommation bien peu reluisante. Sara Goldfarb (fabuleuse Ellen Burstyn), veuve à la retraite passionnée par une émission de télévision, se voit un jour invitée à y participer. Branle-bas de combat émotionnel, autant pour elle que pour ses amies retraitées habitant son immeuble, Sara décide de maigrir pour entrer dans sa vieille robe rouge et use d'amphétamines, prescrits par son médecin totalement je-m'en-foutiste, afin d'y arriver.

Harry Goldfarb, le fils de Sara (l'un des premiers grands rôles de Jared Leto), est quant à lui accro' à l'héroïne. Avec son ami Tyrone (assurément le meilleur rôle de Marlon Wayans), Harry monte un business de deal permettant d'accumuler quelques précieux dollars. Harry est également le petit ami de Marion (prodigieuse Jennifer Connelly), également héroïnomane malgré son talent pour la mode vestimentaire. La mauvaise gestion du trio va les catapulter aux confins de la dépendance, à l'instar de Sara qui ne sait aucunement gérer sa consommation d'amphétamines.

Télévision, starification, bien-être illusoire, deal, consommation, prostitution, chute humaine radicale, rien n'est épargné ici par un réalisateur au plus haut de sa forme créative et secondé dans sa tâche par l'écrivain Hubert Selby Jr., auteur de Retour À Brooklyn (Requiem For A Dream en V.O), roman édité en 1978. L'écrivain a déjà plus ou moins (de loin) travaillé avec Aronofsky sur le court-métrage estudiantin de ce dernier, Fortune Cookie, en 1991 et les deux hommes se respectent mutuellement. Avec un confortable budget de 4 500 000 $ attribué à la production de Requiem For A Dream, Selby Jr. souhaite brusquement mettre la main à la pâte. Il laisse pourtant Aronofsky créer l'adaptation scénaristique de l'œuvre tout en lui offrant un scénario qu'il avait lui-même rédigé quelques années plus tôt. La fusion du travail des deux hommes constitue le script officiel du long-métrage.

Avec son casting ultra impliqué, ainsi que la bénédiction du créateur du récit original, Aronofsky réalise un second film difficile d'accès de par sa dureté. La plupart des scènes restent effroyablement touchantes sans que l'on maudisse pour autant ses affreux jojos un peu trop galères et faibles d'esprit sur les bords. Leurs petits rêves étant parfaitement adéquats à leur petite existence, nous traversons leur effroyable parcours avec effarement jusqu'à une finalité jusqu'au-boutiste. Voir Jennifer Connelly se donner en spectacle lors d'un évènement ultra sexuel pour quelques petites doses d'héroïne reste d'une tristesse infinie. Il en est de même pour Ellen Burstyn et les deux jeunes hommes prêts à tout pour se shooter. Aronofsky ne nous épargne absolument rien et je n'ai jamais, pour ma part, consommé de drogues grâce à la découverte de ce film.

À mes yeux, et peu importe les très mauvaises critiques des "grands spécialistes" en la matière sur ce site ou ailleurs, Requiem For A Dream reste certainement le plus grand film de tous les temps à ce sujet. J'ai pleuré en le revoyant, j'ai tremblé, j'ai frémi, tandis que le sort des personnages m'a littéralement brisé le cœur. Et tout ça sans mentionner la géniale musique de Clint Mansell, accompagné ici du Kronos Quartet, et de tout le parfait travail des équipes techniques. Quand Jennifer Connelly, dans la peau de Marion, sort de l'appartement du psy qui la suit, qu'elle hait de tout son soul (imparable Sean Gullette, héros de Pi), avec lequel elle vient de coucher pour une modique somme d'argent avant de vomir sous la pluie, dégoutée par elle-même et par son triste sort, nous nageons littéralement (et malheureusement) ici en plein XXIe siècle.

En ce sens, malgré ses 25 ans d'âge, Requiem For A Dream n'a absolument pas vieilli d'un chouïa. Il est même mille fois plus proche de la jeunesse actuelle qu'il ne le fut lors de sa sortie. Et le diffuser dans tous les collèges de France et de Navarre devrait aujourd'hui être une obligation.

#fuckdrugs

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le 29 avr. 2025

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candygirl_

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