Au-delà de l’aspect introspectif consistant à montrer l’envers du décor du monde sous-terrain de la boxe avec un traitement d’une noirceur et d’un pessimisme contrebalancé par une sorte de partie pris consistant à se lamenter sur le sort d’une gueule cassée à qui un Anthony Quinn, un peu trop expressif, prête ses traits, le film finit par s’enfermer dans un pathos qui dessert son propos.
Présentant un casting de choix, avec entre autres, un excellent Mickey Rooney qui a au moins le mérite de ne pas en faire des caisses, le pachydermique Jackie Gleason dans le rôle du manager un peu trop intéressé, une Julie Harris qui vient jouer les bonnes pâtes et finit par s’éprendre de la bête, ainsi que quelques ex boxeurs comme Mohammed Ali et Jack Dempsey qui viennent faire de la figuration, le film de Ralph Nelson (Le Soldat Bleu, Le Vent de La Violence,…) perd une grosse partie de son cachet, en montrant un personnage principal plus proche de l’attardé mental que du combattant déchu.
Ça vire trop souvent au véritable show d’un Anthony Quinn en roue libre proche de son rôle du Quasimodo du film de Delannoy et très loin de la masse musculaire bougonne qu’il interprétait magnifiquement dans La Strada de Fellini, qui aurait largement mieux collé au personnage.
En dehors de cet aspect pompeux qui finit par lui nuire, le film bénéficie d’une belle photographie et a au moins l’avantage d’être court.