Réputé pour son plan d'introduction filmé du point de vue d'un boxeur sur le ring, "Requiem pour un champion" est peu à peu tombé dans l'oubli. Il a été pourtant à son époque le pass de son réalisateur Ralph Nelson vers le grand écran, après une riche carrière à la télévision américaine. Il réalise ici un remake d'un de ses propre téléfilm, tourné en 1956 avec Jack Palance pour la série "Playhouse 90" sur un scénario de Rod Sterling ("La quatrième dimension").
Aujourd'hui le film a tous les marqueurs d'un film culte. Un film oublié, mais avec une prestation technique magnifique faite de lumières, de cadrages et de décors noirs et flamboyants. Mais reconnaissons que le film repose surtout sur l'excellent casting, mené par un Anthony Quinn, au firmament de sa carrière, qui accepta de camper le rôle de cet enfant perdu dans le corps d'un champion de boxe en fin de carrière. Un projet tourné entre deux sessions de tournages pour "Lawrence d'Arabie" de David Lean. Sa réputation et celle de Mickey Rooney, très sobre dans ce film, va permettre de mettre en avant une brochette d'acteurs encore inconnus (Jackie Gleason et Julie Harris) issues de la télévision américaines qui leurs tiennent tête avec une aisance stupéfiante, donnant lieu à quelques belles scènes digne de l'actor's studio.