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il y a 2 jours
SuivreBrutal, tendu et généreux
Resident Evil revient au cinéma sous la direction de Zach Cregger et choisit de repartir sur des bases radicalement différentes. Plutôt que de reproduire une nouvelle fois les précédentes...
Franche réussite que ce nouvel opus. Enfin une, ai-je envie de dire, au regard de la médiocrité générale des adaptations cinématographiques de la franchise.
Entendons-nous : c’est un chef-d’œuvre comparé aux autres films Resident Evil, mais dans l’absolu, c’est surtout une bonne série B horrifique, bien gore, qui va jusqu’au bout de ses idées et recycle intelligemment les tropes du jeu. On pourrait d’ailleurs la voir sans rien connaître à la franchise et y prendre beaucoup de plaisir, à condition d’aimer le registre.
L’approche de Cregger est intelligente parce qu’il ne se contente pas d’adapter l’univers : il adapte aussi son fonctionnement.
Le personnage principal n’a rien d’un warrior invincible. C’est juste un pauvre gars, un peu empoté, un peu loser, un peu lâche, qui se retrouve là par hasard et doit survivre comme il peut. Le scénario, très simple, va en ligne droite et se déroule presque entièrement en temps réel, avec une gestion du rythme particulièrement efficace.
Surtout, Cregger transforme des éléments de gameplay en véritables outils narratifs : zones d’ombre, portes ouvertes ou fermées, jump scares, circulation dans les espaces, gestion d’un inventaire qui se remplit et se vide au fil du récit. Rien de tout cela n’est gratuit : ces mécanismes articulent directement la narration. L’espace lui-même devient un problème à résoudre, comme dans le jeu.
Il ponctue aussi le film d’éléments du lore sans tomber dans le fan service, tout en développant sa propre interprétation de cet univers. La topographie et le contexte sont presque simplistes, mais il en tire énormément par la mise en scène, en jouant constamment avec les trajets, les angles morts et les possibilités offertes par les lieux.
Et surtout, il réalise un vrai film de genre, pas seulement une adaptation de jeu vidéo. Il y ajoute une pointe d’humour cynique et méta qui fait régulièrement ricaner, avec parfois un petit parfum de Sam Raimi.
C’est par ailleurs très bien filmé. Les longues séquences d’action évitent le montage ultra-cut et hystérique. Une grande partie du film se déroule de nuit ou dans la pénombre, avec une caméra très mobile, mais l’action reste toujours lisible. L’alternance entre immersion subjective et plans plus descriptifs reproduit assez bien la circulation propre au jeu entre expérience incarnée du personnage et mise en scène de l’espace.
Tout est réfléchi, cohérent et bien exploité. Cregger se tire remarquablement de cet exercice périlleux et livre, en plus, un bon gros film de genre qui tache.
Ce qui fait finalement la réussite du film est assez simple : il adapte moins le contenu de Resident Evil que sa logique.
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il y a 1 jour
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il y a 2 jours
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