Un biopic qui prend d'énormes libertés avec l'Histoire et surtout, accumule les scènes ridicules, ce qui est impardonnable quand on traite d'un sujet aussi grave. Franchement, qui peut croire une seule seconde que Klaus Barbie traquerait à pied une dizaine d'enfants juifs en fuite la nuit dans une forêt enneigée et passerait dix minutes à les chercher dans les arbres ? Comme si ses hommes ne pouvaient pas faire ce sale boulot et se les geler à sa place... Et que dire de la longue confrontation - qui n'a jamais eu lieu - entre lui et Mangel à bord d'un train, avec suspense à deux balles et mimiques sadiques du nazi en bonus ? Faire de Barbie un gros méchant de cinéma est une énorme erreur, une idée malsaine, car ça le banalise et le met au même niveau que n'importe quel psychopathe de fiction. Barbie n'est pas Hannibal Lecter.
En voyant la scène grotesque où Patton - PATTON, rien que ça ! - fait un discours solennel sur Mangel devant ses troupes, suivie par un mime de Mangel/Marceau, je me suis dit que ce réalisateur et ses producteurs n'avaient décidément aucun scrupule et qu'ils s'en torchaient bien de l'Histoire.
La mise en scène sans âme et l'interprétation sans éclat ne rattrapent rien. Même Jesse Eisenberg m'a déçue, c'est dire.
Pas un film qui me convaincra de l'utilité des biopics.