Restless City d’Andrew Dosunmu est un film qui charme l’œil autant qu’il frustre le cœur. Porté par une esthétique sublime, presque hypnotique, il dresse le portrait visuel d’un New York rarement filmé avec autant de poésie. Chaque plan est soigné, chaque lumière maîtrisée : une vraie œuvre d’art plastique.
Mais derrière cette beauté, le récit se perd. L’histoire de Djibril, jeune immigré sénégalais rêvant de musique, manque de profondeur et d’émotion. Le scénario s’efface trop souvent devant l’image, et les personnages peinent à exister pleinement. On observe, mais on ne ressent pas.
Cela n’empêche pas le film d’être sincère. La représentation de la diaspora africaine est juste et précieuse. Malheureusement, cette intention ne suffit pas à combler le vide narratif.
Restless City ressemble à une promesse inaboutie : visuellement brillant, mais émotionnellement distant. Un film à admirer, plus qu’à vivre.