Quand je vois ce film je me dis que c’est l’une des principales recettes dont le système actuel du cinéma français se sert pour remplir les grilles de diffusions même si la majorité de ces productions sont complètements nulles et qu’ils ne font aucune entrée.
C’est à dire placer des personnalités hétérogènes, de différents âges et milieux sociaux ensemble avec une galère qui survient et cela va mener à la confrontation, la coopération puis la fraternité et plus si affinités.
Le casting est parfait et ne sent pas l’entre-soi à l’époque, Bernard Lecoq, Claire Nadeau des acteurs établis d’un coté et Bruno Solo, Emma De Caunes de l’autre avec un acteur de la Haine pourquoi pas et le charmant couple de retraités plus vrai que nature.
Il se trouve que la plupart de cette bande se retrouvera dans les projets moins brillants et un peu plus lourdingues d’Onteniente…
Ici on passe un agréable moment parce que tout est simple, bien rythmé et limpide.
Ce sont des caractères affirmés mais qui n’en font pas trop, il y a un naturel qui se dégage dans leurs échanges et leur façon d’être.
Personne n’essaye de se mettre en avant en en faisant des tonnes, excepté peut-être le personnage de Bernard Lecoq jouant le bourgeois arrogant démonstratif mais qui face au phénomène logique et majoritaire du groupe se fera vite marginaliser quitte à s’obliger à une remise en question (ou pas).
Et c’est ça qui est bien fichu, aucune personnalité ne va prendre le dessus sur les autres de manière forcée, c’est tout naturellement que chacun va se rapprocher des autres.
On voit ce groupe trouver progressivement un consensus et une harmonie afin de se sortir de cette galère en bonne intelligence malgré leur inculture, inconscience et irespect qu'ils démontrent à certains moments.
On est pas du tout dans l’étalage de clichés pour se faire une grossière guerre des clans et des générations ni dans un projet opportuniste pour satisfaire la vedette comique du moment cherchant juste à faire son numéro qui ne fait rire que lui et ses fans et pour toucher son cachet.
Donc en plus d’être un bon film sur la cohésion de groupe, c’est dépaysant avec les très beaux panoramas de l’ouest américain filmés par une équipe à majorité locale ce qui expliquerait peut-être ce cachet soigné loin des standards des comédies françaises des années 90 (les films de Jean-Marie Poiré avaient également de grandes ambitions visuelles si on fait abstraction de leur montage à la truelle).
C'est une invitation au voyage et une initiation où chacun des personnages au fur et à mesure va avoir droit à sa petite scène, son évolution ou sa rédemption.
Ce film sans en avoir l’air avait trouvé une bonne formule équilibrée de feel good movie à la française.