Note préliminaire : Il n'est pas nécessaire et je dirais même que je ne recommande pas de voir Silent Hill (2006) et encore moins Silent Hill Revelation (2012) avant de voir Retour à Silent Hill. Il s'agit d'une histoire indépendante qui se suffit à elle-même.
29 janvier 2026, il est 19h00 et j'attends devant le Grand Rex. Dans une heure aura lieu l'avant-première de Retour à Silent Hill, en présence de Christophe Gans et Akira Yamaoka. Je n'attends absolument rien de ce film. Tellement rien que trois jours plus tôt, j'ai sérieusement envisagé de ne pas me rendre à cette séance. Les premières critiques étaient tellement assassines qu'elles m'avaient presque dégoûté. Pas complétement il faut croire puisque je suis là, en train de manger des sushis pas très bons en guise de dîner pour éviter de succomber à une crise d'hypoglycémie en pleine projection.
À l'intérieur, une animation propose aux spectateurs de poser avec Pyramid Head et deux infirmières. Sympa, ça met dans l'ambiance, mais il y a trop de monde et il faut trouver une bonne place. Une fois cette tâche accomplie, il ne reste plus qu'à attendre. Avec 20 minutes de retard, la séance débute enfin. L'animateur pose quelques questions au producteur du film, puis à Gans et Yamaoka. Chacun fait comme si Silent Hill Revelation n'existait pas, c'en est hilarant. 20h45, le film commence enfin et je m'attends encore à être déçu.
Il est maintenant 22h34, je viens de sauter in extremis dans le dernier RER direction chez moi (fucking travaux de m****e !). Pour réaliser cet exploit, j'ai été forcé de fuir au début du générique de fin, courir comme un dératé jusqu'au métro, puis rebelote pour le RER. Ça ne vous intéresse pas et vous voulez que je commence enfin à parler du film ? Ok, je suis bien assis, j'ai environ 30 min de trajet devant moi, c'est le bon moment.
Vous avez vu le 8/10 avant d'afficher cette critique, donc vous vous en doutez : j'ai aimé. Parce que mes attentes étaient si basses que le film ne pouvait pas me décevoir ? Honnêtement, ça joue. Parce que je suis légèrement dépressif en ce moment et que ça me rend bon public ? Non, parce qu'au contraire, ça me rend plus sévère envers tout ce que je vois.
Mais j'avais besoin de cette fin.
J'ai aimé parce que déjà, visuellement, ça tue. Cette esthétique dégueulasse servie sur une image bruitée à mort m'a vraiment ramené à Silent Hill. La vraie Silent Hill, celle que j'ai visitée il y a maintenant 15 ans sur PlayStation et PlayStation 2 dans 4 jeux qui comptent parmi les œuvres d'art qui m'ont le plus touché. J'étais donc littéralement de retour à Silent Hill. Certes, la caméra virevolte parfois un peu trop, mais n'oubliez pas que nous sommes dans un cauchemar. Tout concourt donc à nous faire perdre nos repères.
Le scénario aussi ? Oui, et ce d'autant plus si vous avez joué à Silent Hill 2. Pour ma part, j'ai passé les 40 premières minutes à regarder le film avec le calque de mes souvenirs du jeu entre mes yeux et l'écran avant d'abandonner. Car j'ai fini par accepter que ce que je voyais n'était pas une copie du jeu bêtement portée sur grand écran, mais bien une adaptation. Plus qu'une adaptation, Retour à Silent Hill est une interprétation très personnelle que Christophe Gans fait de Silent Hill 2 (le jeu). Le principal reproche adressé au film par les critiques assassines évoquées plus haut dénonce une trahison du jeu. Pour ma part, je pense qu'il s'agit plutôt d'une trahison de l'interprétation de chaque personne ayant joué au jeu. Peut-être que je me trompe, mais je crois il faut lâcher prise et accepter de recevoir l'interprétation de Christophe Gans telle qu'il nous l'offre. Pour ma part, je l'ai trouvée à la fois pertinente et intéressante. J'ai aimé recevoir cette vision différente et personnelle de Silent Hill 2 plutôt qu'un portage trop strict qui aurait perdu de sa puissance en changeant de medium.
Quelle aurait été mon opinion si je n'avais jamais joué au jeu ? Aucune idée. Je suis donc curieux de lire les avis de spectateurs qui n'ont jamais été en contact avec Silent Hill auparavant.
Pour conclure, le film mérite-t-il le flot de haine qui se déverse sur lui avant même sa sortie ? D'après moi, non. Vraiment pas. Merci Christophe Gans. Bonne nuit.
PS : Je partage cette vidéo d'une séance de questions-réponses avec Christophe Gans riche en anecdotes : https://youtu.be/3opsyxkVGKU