Psychanalyse aux effets numériques : vacuité de la metaphore, annihilation du mystère. On voit poindre ça et là l'ébauche de ce qui aurait pu rejouer une esthétique de l'horreur, même repompée trait pour trait du jeu vidéo. Mais des aléas de production en ont decidé autrement : il faut tout surexpliciter, rajouter de la lumière, tout dire, tout montrer. Mais à quoi bon, s'il n'y a pas de regard? Le traumatisme du personnage principal nous est bien lointain : sa relation amoureuse est probablement l'une des plus artificielles jamais vue au cinéma. Acteurs, écriture, montage, rien ne va. Or, c'est censé être une histoire d'amour et de deuil. Peut-être Christophe Gans n'est-il surtout bon qu'à orienter des partis-pris de chef décorateur. Mais même sur ce plan, la visite tourne court. On lui a clairement interdit de rouvrir la perspective contemplative et muséale du premier film : plus d'action, lui a-t-on certainement demandé. De fait, on s'ennuie peut-être moins, mais finalement peut-être plus. Car on ne s'attache à rien. Rien. Rien de plus que la brume vaporeuse d'effets numériques bâclés.