Il est bon de rappeler que si le premier Silent Hill de Christophe Gans a plutôt bonne réputation, c’est surtout en comparaison de la multitude de navets issus de l’adaptation de jeux vidéos sur grand écran. Mais sorti de ce registre particulier, le métrage de 2006 n’a vraiment pas grand chose pour convaincre si ce n’est que l’on sent le cinéaste convaincu par ce qu’il tente de nous donner. Ca ne suffit malheureusement pas à faire un bon film, même avec des visuels sympas. Autant dire que je n’attendais donc pas particulièrement cette suite.


Dès la scène d’intro il y a un hic. Plus d’un même, car quitte à reprendre le scénario de Silent Hill 2, pourquoi ne pas garder la concision et l’efficacité cryptique de son entrée en matière, surtout si c’est pour un y adjoindre un épisode de rencontre niaiseux et une scène de bar qui est tâchée par les pires idées de mise en scène : stroboscope, ralentis et point de vue subjectif. Plus que douteux, c’est ridicule.


Si cela se rattrape esthétiquement sur certaines scènes, on est toujours à deux doigts de basculer sur une image trop artificielle, trop lisse et portée par une CGI parfois immonde toute en giclées noires et rats déstabilisants. Ajoutez à cela des acteurs qui ne véhiculent rien, voire l’inverse de leur pendant vidéoludique (Maria, atrocement vulgaire au lieu d’être vénéneuse), une lampe torche qui se ballade dans tous les sens parfaitement agaçante, une photographie bien laide, trop saturée, dès lors que l’on passe dans le darkside, des designs de monstres qui non content de rater ce qui fonctionnait parfaitement à l’origine viennent également surappuyer les éléments du scénario (Pyramidhead, pitié…), et des ajouts de secte et autres flashbacks qui tombent comme un cheveux sur la soupe, et vous obtenez un sacré bousin indigeste.


Et pourtant, malgré que Return to Silent Hill soit à mes yeux un raté total, je ne saurais lui reprocher d’être générique. Gans lui a donné une identité, y a versé sa propre conception de l’univers de Konami, et livre une partition aussi singulière que pataude. Donc même si je n’ai aucune intention de le revoir, je ne peux que le préférer à l’immense majorité des produits formatés qui sortent de Blumhouse, rien que pour cette sincérité, aussi maladroite soit-elle.


Frakkazak
3

Créée

le 17 mars 2026

Critique lue 15 fois

Frakkazak

Écrit par

Critique lue 15 fois

D'autres avis sur Retour à Silent Hill

Retour à Silent Hill

Retour à Silent Hill

3

Kelemvor

765 critiques

Beaucoup de brume pour rien

La ville apparaît, engluée dans son propre silence, saturée de cendres comme d’une mémoire qui aurait trop longtemps fermenté. Retour à Silent Hill ne s’ouvre pas tant sur une image que sur une...

le 26 janv. 2026

Retour à Silent Hill

Retour à Silent Hill

1

LIAMUNIX

49 critiques

Silent Vide

Je suis allé voir ce film avec une loyauté presque déraisonnable. Malgré les avertissements, malgré les critiques unanimes, j'ai voulu croire. Par amour pour une œuvre qui m'a construit, en partie...

le 31 janv. 2026

Retour à Silent Hill

Retour à Silent Hill

6

Behind_the_Mask

1476 critiques

Bah alors !? On étrille dans la brume ?

Si vous connaissez un peu le masqué, vous garderez sans doute à l'esprit que l'unanimité critique, chez lui, c'est souvent suspect, comme avec le très récent Reconnu Coupable.Ainsi, l'étrillage en...

le 6 févr. 2026

Du même critique

Hollow Knight

Hollow Knight

10

Frakkazak

831 critiques

Waky Hollow : La légende du scarabée sans âme

J'avais commencé une partie en début d'année, et avait lâché l'affaire par frustration, ayant perdu tous mes geos dans une zone que je trouvais imbuvable (Soul Sanctum) après 3-4h de jeu. Mais devant...

le 15 oct. 2019

Captain America: Brave New World

Captain America: Brave New World

2

Frakkazak

831 critiques

Mou, Moche et Puant

Il était couru d’avance que Brave New World serait une daube. De par la superhero fatigue qu’a instauré la firme de Mickey par l’amoncellement de produits formaté sur les dix-sept dernières années...

le 10 mars 2025

Assassin's Creed: Mirage

Assassin's Creed: Mirage

4

Frakkazak

831 critiques

Mi-rage, mi-désespoir, pleine vieillesse et ennui

Alors qu’à chaque nouvelle itération de la formule qui trône comme l’une des plus rentables pour la firme française depuis déjà quinze ans (c’est même rappelé en lançant le jeu, Ubisoft se la jouant...

le 10 oct. 2023