Un docu sur l'émergence de la VHS. Bon, dit comme ça, on vend pas du rêve.
Pourtant, la libéralisation de ce support fit entrer la pop culture dans les foyers.
Si la forme est parfaitement raccord avec le sujet (musique synthé et imagerie néons flashy), si c'est très drôle avec ses nombreuses anecdotes croustillantes qui parleront aux trentenaires, c'est surtout le fond qui passionne.
Rewind Me commence par une galerie de geeks, collectionneurs de cassettes, attachants et parfois avec un pète au casque. Mais au lieu de continuer sur cette voie, façon "Confessions Intimes" ou une merde dans le genre, l'intervention des acteurs clés du phénomène, nous décrit la révolution culturelle que fut la VHS.
En effet, cette possibilité d'accéder à ce pan de la culture ciné, créa un nouveau marché, les DTV, via les vidéos clubs. L'âge d'or d'une époque où la créativité n'avait que peu de limites, pour le meilleur, et surtout pour le pire (Tanrantino en est le meilleur ambassadeur) !
L'arrivée par la suite, de la possibilité d'enregistrer, puis du caméscope, créèrent un espace de liberté inédit.
Mais ce docu aurait pu aussi s'arrêter à une approche nostalgique, voir passéiste (genre "c'était la bonne époque").
C'est tout le contraire, lorsque l'arrivée d'Internet est présentée comme la nouvelle révolution.
Le parallèle avec la VHS est troublant, comme la peur habituelle des studios, leur avidité à vouloir maîtriser la diffusion. Et au final, de nombreux bénéfices (accès pour tous à la culture, appropriation du public de ces oeuvres via le mash-up, les youtubers, la conservation numérique).
Avec un système qui reste encore à définir, les enjeux se résument à cette anecdote par l'un des intervenant concernant la dématérialisation : 1984, le célère pamphlet anti-totalitaire, fut retiré du jour au lendemain du store, dans sa version numérique (pour des raisons assez obscures).
En plus d'être une sacrée mise en abîme, cet exemple pose la question suivante : la suppression de la propriété d'une oeuvre, n'est-elle pas finalement une régression de l'accès à la culture, par des diffuseurs qui pourront exercer leur droit de retrait, comme une forme de censure ?