Un fil méconnu de l’immense Kurosawa, simple, dépouillé, linéaire, frais. Une vieille femme qui a perdu son mari lors de l’attaque atomique de Nagasaki se voit confrontée à ses souvenirs par sa descendance, enfants (plutôt bornés) et petits-enfants (nettement plus ouverts). L’irruption d’un neveu par alliance, de plus américain, (étonnant Richard Gere) qui va venir bousculer les attentes et apporter un souffle nouveau au culte du souvenir. C’est tout le Japon qui est ici décrit une fois de plus, celui ancestral de la vieille religion des arbres et des cours d’eau ; et celui moderne de l’ère capitaliste qui doit par nécessité se rapprocher des vainqueurs et des bourreaux. La mise en scène de Kurosawa est juste parfaite et les acteurs (surtout les jeunes) emplis de vérité.