Il y a un problème avec Depardieu. Je veux dire, il y a de nombreux problèmes, mais dont l’un, exclusivement cinématographique, toucherait aussi n’importe quel acteur dont la carrière s’étale sur cinquante ans et deux cents films, dans lesquels il a tout joué : on ne voit plus que lui.
Il joue à peine. En l’occurrence, dans Rhapsody, il n’est qu’un corps. Un corps ventru, massif et essoufflé qui fonctionne essentiellement par contraste avec la petite chose fragile qu’est l’enfant qu’il garde. Le film aurait-il fonctionné de la même façon avec n’importe quel corps de sexagénaire ventru, massif et essoufflé ? Je pense que oui, mais on ne saura jamais.
La réalisatrice, intelligemment, choisit de ne rien expliciter. On voit Gérard – c’est le nom du personnage… – garder le bébé, donc, mais aussi attendre l’arrivée de la mère, s’inquiéter qu’aujourd’hui elle ne vienne pas, lire des guides touristiques et tenir compagnie à un copain de bistrot fort loquace, dont la loquacité est peut-être une autre façon d’épuiser la solitude.
Cela pourrait être un documentaire, cela pourrait durer trois heures identiques – on pourrait aussi revoir Rhapsody en boucle.