Markus (Mad Mikkelsen) est un militaire des forces danoises opérant en Afghanistan. Otto (Nikolaj Lie Kaas) et Lennart (Lars Brygmann) sont deux collègues, spécialistes en algorithmes, fraîchement congédiés de leur entreprise. Statistiquement parlant, il paraissait impossible qu’un jour, la route de Markus croise celle de Lennart et d’Otto, pourtant, une collision meurtrière entre deux trains en décida autrement. Otto survivant de l’accident venait de céder son siège à Emma, la femme de Markus lorsque la tragédie frappa le compartiment. Rappelé au pays, Markus anéanti doit s’occuper de sa fille Mathilde (Andrea Heick), miraculeusement rescapée du crash. Pour Otto qui pense que rien n’arrive par hasard, la thèse de l’accident ne tient pas, surtout quand parmi les victimes figurait un gangster repenti prêt à témoigner contre les “Riders of Justice”, la mafia locale, et plus précisément contre son chef, un certain Kurt (Roland Moller). De plus, juste avant la collision, Otto avait remarqué un homme à l’allure suspecte descendre de la rame. Aidés par Emmenthaler (Nicolas Bro), un collègue, geek, Lennart et Otto sont bien décidés à mener l’enquête, reste à convaincre Markus du bien fondé de leurs investigations. “Riders of Justice”, s’il s’inscrit dans le sous-genre du “Vigilante” (le film de vengeance), celui-ci n’a cependant pas grand chose en commun avec de récentes productions américaines telles que “Death Sentence” avec Kevin Bacon ou encore “Death Wash” avec Bruce Willis (le remake foireux de ”Un justicier dans la Ville” avec Charles Bronson). D’emblée, et ce, malgré la gravité du récit, “Riders of Justice” nous frappe par les postures humoristiques salvatrices que le trio de grosses têtes (Otto, Lennart et Emmenthaler) confère au long-métrage, face à la froideur, la colère et la hargne d’un Mad Mikkelsen - tout en puissance et en mutisme - dont le personnage de Markus oscille entre “One Eye“ de “Valhalla Rising” et “Michael Kohlhaas”. Viendra s’ajouter au casting le jeune Bodhaska (Gustav Lindh), un jeune esclave sexuel qu’y croisera le chemin de ce quatuor de “gueules cassées émotionnelles” dont les douleurs passées et présentes s’accentuent à mesure que la violence s’invite dans l’histoire. Et de violence, il en sera évidemment question à travers l’improbable itinéraire de ces anti-héros magnifiques et magnifiés par Anders Thomas Jensen (“Les Bouchers verts”, “Adam’s Apples”). Le réalisateur danois paraît à l’exercice du décalage nous offre une comédie noire empreinte d’une humanité exacerbée, dans laquelle des scènes intimes d’une grande richesse d’écriture côtoient des moments d’action plus classiques !