Si ce film a eu l’honneur d’une sortie limitée et confidentielle en salles aux États-Unis, il arrive directement sur les plateformes de streaming ailleurs (dans le temps on aurait pu dire sur le rayonnage des vidéoclubs). « Riff Raff » coche en effet toutes les cases de ce qu’aurait pu être un direct to video d’antan. On y voit des grands acteurs du passé (Ed Harris et Bill Murray) qui peinent à retrouver de grands rôles, des éternels seconds rôles qui semblent devoir le rester (Gabrielle Union et Jennifer Coolidge) et des jeunes pousses (Lewis Pulman et Pete Davidson) se partager l’affiche. Et on ne peut nier que cela accouche d’une belle distribution hétéroclite, savoureuse et qui donne envie.
Cependant, plus le film avance, plus on constate que le véhicule cinématographique qu’ils ont choisi ressemble davantage à un générateur de cachets. Comme si tous ces acteurs s’étaient juste retrouvés dans « Riff Raff » pour cachetonner plus que pour une quelconque velléité artistique. Et finalement, aucun d’entre eux ne livre de prestation majeure, se contentant de faire bonne figure et d’offrir le minimum syndical pour des rôles pas vraiment intéressants au sein d’une histoire qui ne l’est pas beaucoup plus. Ici, on tente de mêler une intrigue de polar dans une ambiance plus légère que tragique ou sombre. Mais ladite intrigue n’est guère très originale et elle ressemble à mille autres films. Et puis, si ce n’est le final classique où tout le monde est réuni et qui frôle le pétard mouillé, tout cela est un peu mou.
Pour tenter de pallier la trivialité du narratif proposé, le script se sent obligé de nous noyer sous les flashbacks. Au début, c’est relativement amusant mais, à force, le procédé agace et devient vraiment accessoire. Surtout que ceux-ci n’apportent pas grand-chose au film pour la plupart d’entre eux. Les quelques saillies comiques de « Riff Raff » sont surtout portées par Jennifer Coolidge dans une nouvelle variation du rôle qu’elle tient avec brio dans la série « The White Lotus ». Quant à la tension du côté suspense, c’est un encéphalogramme plat tant le film préfère creuser ses personnages au gré de nombreuses séquences dialoguées malheureusement peu passionnantes. Et comme le long-métrage se situe pour les trois-quarts dans un chalet au fin fond du Maine dans une nature à la période la moins jolie de l’année, la réalisation appliquée de Dito Montiel s’en retrouve peu mise en valeur. Bref, voilà un petit film anecdotique et totalement oubliable sans forcément être déplaisant qui attire l’œil uniquement par son casting et qui n’a pas grand-chose d’autre à proposer.
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