Un classique... même si le livre est beaucoup mieux.

Un grand classique du cinéma asiatique, ce film m'a traumatisée toute mon enfance, ou plutôt la piètre version américaine. J'avais envie de le regarder depuis des années maintenant (une dizaine d'années environ), mais j'ai toujours eu une peur démesurée de Sadako (même à 22 ans j'arrive à pleurer en la voyant).
J'ai par contre un regret : avoir lu le livre avant d'avoir vu le film car j'ai passé mon temps à le comparer dans ma tête et au final je savais tout ce qui allait se passer. Il n'y pas de grande surprise, la tension n'était jamais vraiment à son apogée (vu que je connaissais déjà l'issue).


Le livre est beaucoup plus complet et meilleur à mon avis.
Les personnages sont mieux écrits, plus complexes, j'ai adoré le personnage de Ryuji qui ici n'est réduit qu'à être l'ex mari du personnage principal... Les personnages ne sont pas ambivalents, il n'y a aucune réflexion profonde (comme le parallèle avec les virus et autres discussions philosophiques), aucun retour sur la jeunesse de Sadako (je sais bien qu'il y a Ring 0 etc. mais il me semble que pour chaque livre il y a un film, et celui là est beaucoup trop bâclé, trop court).


Ce que j'ai aussi, pour le coup détesté, c'est le fait qu'on sache directement qu'il y a une cassette, que tout le monde en parle déjà, ça enlève totalement le suspens et le côté énigmatique.
Déjà en lisant le livre j'étais déçue d'avoir vu la version américaine et donc de savoir qu'il y avait une cassette parce que c'est vraiment bien amené. Le fait de savoir que peu de gens semblent être au courant de l'existence de la cassette ça rajoute à la tension.


J'ai aussi détesté - contrairement à beaucoup de monde apparemment - l'absence d'explications ; on ne connait pas le mobile de son "père", parce qu'au final s'il la tue parce que ce n'est pas sa fille il n'aurait pas attendu ses 18 ans... Le fait que la vidéo soit enregistrée avec le corps même de Sadako n'est pas repris alors que c'était quand même bien trouvé et pas dur à expliquer dans le film (il suffisait d'utiliser la facilité scénaristique de la voyance de Ryuji... même si je n'ai pas trouvé cette idée mauvaise ça rend limite l'enquête inutile et sans surprise ; pas besoin de chercher le puit ni rien).


Aussi, comme pour le film américain on dirait qu'ils regardent la cassette comme si ça ne représentait qu'une succession d'images... Alors que c'est censé être un moment intense où l'on ressent pleins d'émotions, les personnages sentent le poids même du nouveau né dans leurs bras et Asakawa est tellement bouleversé qu'il vomi après avoir vu la cassette. Ici elle a l'air chill.
Asawaka montre sans problème la vidéo à son ex mari, sachant qu'elle le condamne, elle n'essaie même pas de le dissuader... Difficile à comprendre.
ET POURQUOI les victimes de Sadako ont juste l'air surprises ? Ils sont sensés avoir des visages déformés, même en 1998 le maquillage ça existait... Je ne comprends vraiment pas, pour le coup c'est assez important à mon avis...


Sinon pour parler du film lui même (ce qui est l'objet même de la critique) : le réalisateur a vraiment son emprunte, même s'il a négligé des éléments à mon avis indispensables, j'ai beaucoup aimé la scène juste avant le final où Sadako sort de la TV (ICONIC), les photos de visages déformées (ça m'a vraiment mise mal à l'aise), l'apparence même de Sadako (même si c'est censé être une belle gosse dans le livre, apparemment ici même de son vivant elle gardait les cheveux sur le visage), la bande son, la lenteur du film (qui permet de poser une ambiance oppressante), l'identité du père de Sadako (j'avoue que j'étais un peu déçue que dans le livre son père soit un humain random).

Le film ne cherche pas non plus à faire peur par le biais de scènes grotesques, Sadako se fait désirer (et une apparition ça m'a suffit). La première scène dans le chalet est également très bien tournée (avec le reflet sans jump scare, ça m'a glacée le sang).
Par contre je ne suis pas fan du jeu d'acteur de Asakawa... Les personnages ne semblent pas tant effrayés que ça à l'idée de mourir.

Je sais pertinemment que sans lire le livre j'aurai surement beaucoup aimé le film.


Mention spéciale au bruitage lorsque Sadako se prend un coup sur la tête et tombe dans le puit (ça fait de suite retomber la tension tellement c'est ridicule), le film a tout de même un peu vieilli.

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le 9 mai 2019

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Rebinami

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