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le 18 juin 2013
SuivreQui cavale, rit.
Il n’est pas le western de Ford le plus encensé sur ce site mais moi ce Rio Grande m'a fait grand plaisir, plus que je ne l'aurais cru. Tout d’abord ce n’est pas une énième histoire de vengeance et...
Vu pour la seconde fois. (Diffusion TV Arte)
Troisième western du triptyque sur la cavalerie américaine de John Ford après Le Massacre de Fort Apache (1948) et La Charge héroïque (1949). Bien qu’efficace, il se situe néanmoins un niveau en-dessous des deux précédents opus. Rio Grande était en effet un film de commande qui permettrait à Ford de réaliser L'Homme tranquille, dont tout le monde prévoyait à tort l'échec commercial.
Il faut reconnaître que le cinéaste reste ici dans sa zone de confort en reprenant des archétypes que l'on a vu précédemment, comme le colonel, le sergent, ou encore le personnage féminin "perturbateur" dans ce monde masculin. On retrouve d'ailleurs les mêmes acteurs en l’occurrence, John Wayne, Ben Johnson, Victor McLaglen, Harry Carey Jr.
Néanmoins, John Ford ne se contente pas d'un "copié-collé", puisque l'élément original du scénario de Rio Grande est l'arrivée du fils du colonel dans son propre régiment, puis de sa mère. Au-delà de son rôle habituel d'inflexible meneur d'hommes John Wayne est très bon dans ce rôle. Malgré la façade imperturbable qu'il présente, on le voit, lorsqu'il est à l'abri des regards, s'inquiéter pour l'intégrité de son fils. Un fils qu'il n'a d'ailleurs pas pu élever à cause de sa carrière militaire. Le colonel Yorke a également cette même ambivalence à travers son comportement avec sa femme, entre devoir d'apparence rigide, et quelques rares laisser-aller émotionnels. L'accent est ici mis sur le sacerdoce que représente sa carrière par rapport à sa vie personnelle. Il est dommage que l'échec du fils au concours d'entrée à West Point et le fait qu'il ne marchera pas totalement dans les pas de son père et de sa prestigieuse carrière, ne soit pas plus développée et décortiquée.
Le cinéaste laisse transparaître son humanisme habituel, qui semble peut-être quelques fois un peu forcé ici, comme les réconciliations d'après bagarre, ou encore la (trop ?) bonne éducation des militaires. Néanmoins, la douceur maternelle de Maureen O'Hara envers son fils et la vie risquée qu'il a choisi est d'une grande justesse.
John Ford ne tombe pas non plus dans le manichéisme ou le jugement lorsqu'il montre la volonté des officiers d'en découdre et d’anéantir les Apaches, faisant fi de toute considération diplomatique. D'un autre côté, on voit un Indien engagé dans le régiment être récompensé à la fin. Ces Indiens sont aussi dépeints sans manichéisme comme avec l'enlèvement des enfants.
La mise en scène est très belle et également spectaculaire, comme l'impressionnante scène de cavalerie "à la romaine", apparemment exécutée par Ben Johnson, Harry Carey Jr. et Claude Jarman Jr. eux-mêmes.
Il ne s'agit pas d'un film majeur de John Ford, mais il mérite néanmoins le détour. Il faudra ensuite attendre près de dix ans pour qu'il revienne sur le thème de la cavalerie avec l'excellent Les Cavaliers.
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le 20 déc. 2025
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le 18 juin 2013
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