Rio, ligne 174 permet de nouveau une incursion dans la vie difficile des favelas initiée chez nous français par "La cité de Dieu". Du même scénariste, le film ici n'a rien à voir avec le rythme effréné de la mise en scène inspirée de Fernando Meirelles. Beaucoup plus sobre et centré sur ses personnages principaux, l'histoire de ces deux jeunes n'en est pas pour autant moins dense. Prostitution, vols, intimidation, drogue, misère. Le cocktail a fait ses preuves mais il marche une fois encore grâce notamment à l'authenticité qui émane du jeu des acteurs. La frontière entre la fiction et le documentaire se brouille et donne au film une puissance suffisante pour nous mener jusqu'à sa conclusion. Si l'on ne peut pas crier au génie, il n'en reste pas moins que Rio, ligne 174, malgré ses imperfections, suscite l'intérêt en ne se contentant pas d'être un énième film sur le destin tragique d'une jeunesse avortée. Bruno Barreto filme la détresse, mais aussi la joie, l'espoir, la désillusion, l'amour et rend son récit plus attachant que bon nombre de pâles copies qui surfèrent sur la popularité et l'électrochoc laissé par la médiatiquement reconnue "Cité de Dieu".