Sous ses airs de série B musclée, Road House propose une relecture moderne et efficace du schéma western. L’intrigue ne se contente pas d'aligner les bouteilles brisées, elle réactualise le mythe du cavalier solitaire arrivant dans une ville corrompue pour y rétablir une justice perdue. Le scénario transcende ce qui aurait pu n’être qu’un simple film de castagne grâce à une dimension dramatique inattendue.
Patrick Swayze, au sommet de son charisme, incarne avec force son personnage atypique de videur/philosophe. Son caractère stoïque et ses démons intérieurs ne sont pas sans rappeler nombre de cowboys flegmatiques du 7e art. Face à lui, Ben Gazzara campe le méchant capitaliste prédateur avec un sadisme consommé, un antagoniste mémorable bien qu’assez caricatural.
Le cachet des années 80, avec une ambiance débridée pleine de sensualité explicite sur une musique pop-rock, font que le charme opère. Si on y regarde de près, les chorégraphies de bastons sont assez factices, mais l'énergie brute de la mise en scène et l'engagement physique de Swayze permettent de passer outre ces imperfections techniques pour préserver la sensation de badassitude qui se dégage de l’ensemble. Les voix graves de la V.F et les punchlines bien senties aident aussi à l'affaire.
Dommage que le final en roue libre sacrifie la cohérence sur l'autel du spectacle, avec un dernier acte qui sombre dans une démesure qui rompt avec le relatif réalisme des débuts.