Verhoeven évite le film de jouet en y insufflant du gore, de la satire et un nihilisme assumé (« Ils te répareront… ils réparent tout. »).
Il aborde les magmas de la tech, qui se trahissent à coups de projets visant à enrichir leur avenir de milliardaires cyniques, sur le dos de la populace.(Avant-gardiste ?)
Le journalisme sensationnaliste, coupé par un capitalisme à base de publicités des plus mauvais goûts.(La télévision est omniprésente dans le film.)
Murphy, un crétin qui se prend pour un cow-boy et ne respecte pas les protocoles, perdra son corps, donné à la science ou plutôt au capitalisme, qui se place au-dessus des lois.
Lewis, responsable en partie de la tragédie, ne semble même plus affecté, tant le monde est violent et ne se sent jamais responsable.
Le monde est déjà un monde de robots avant l’arrivée du robot.
Et si les robots étaient finalement les vrais humains ?
Le seul encore capable de rêver, d’avoir des sentiments (« I can feel them… but I can’t remember them. ») et de vouloir se venger est Robocop.
Quant à ED-209, il pique des crises d’adolescent et ne sait même pas descendre des escaliers.
Le film aborde également le thème du handicap, un homme qui perd son corps, aliéné par un système corrompu. L’omniprésence des médecins autour de lui, qui analysent tous ses faits et gestes, le nourrit exclusivement de nourriture pour bébé. Il devra retrouver son identité pour retrouver une place dans la société.
(Le contraire de Spetters.)
Basil Poledouris crée une partition symphonique aux mélodies cybernétiques, à la froideur du métal, et à l’onirisme rappelant l’humanité derrière l’acier.
Si le scénario est le point faible du film, Verhoeven aura su en tirer parti pour créer une ambiance et un fond thématique d’une grande richesse.