Remake du film culte de Paul Verhoeven.
Le film a été traîné dans la boue avant même sa sortie. Il n’a pas fait de bruit non plus par la suite, beaucoup de cinéphiles (dont je faisais partie) ne s’étant pas fatigués à regarder un énième remake d’un film des années 80 (on a soupé des SOS fantômes et autres Conan). Oui, mais voilà, c’est José Padhilla qui l’a réalisé. Oui, le brésilien qui avait gagné un prix avec son film, tropa de elite.
OK, tentons donc l’expérience. Déjà, ça part mal. L’acteur principal est Joel Kinnaman, petit garçon mécontent dans un corps d’athlète. Il avait été mauvais dans Altered Carbon, et il ne joue toujours pas bien. Mais son air constipé colle au personnage de Murphy, transformé en tank à pattes pour des raisons politiques. Ensuite, il y a Gary Oldman. Ah, là, en revanche, on a droit à un monstre sacré capable d’interpréter n’importe quoi (voyez sa filmographie et pleurez d’émerveillement). Et puis il y a Michael Keaton et Samuel Lee Jackson, deux autres pointures. Bon, d’accord.
José Padhilla se permet de faire ici non pas un remake, mais plutôt une fanfiction (pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit de reprendre une histoire en y insérant un personnage nouveau ou en altérant son déroulement). Il démarre avec une modification de taille : Murphy reste en contact avec sa femme et son fils. Ensuite, le réalisateur coupe le scénario en deux, arrêtant l’histoire à l’arrestation du PDG. Enfin, il laisse de côté le mythique ED 209 transformé pour l’occasion en bipode de combat de la taille d’un tank et introduit un nouveau méchant épaulé par des androïdes. Bref, il s’approprie complètement l’histoire.
José peut alors démontrer ce qu’il voulait. Ici, ce n’est plus le cynisme d’une entreprise privée qui est mise en avant, mais directement les liens de corruptions entre ces sociétés privées et le gouvernement avec la complicité des médias. Même si l’histoire reste grosso modo la même, le scénario est carrément modernisé et est vraiment prenant. Du coup, on en oublie le jeu monotête de Kinnaman et on savoure un vrai bon film. Bravo !