On a une ambiance à mis-chemin entre Phantom of The Paradise et Métal Hurlant, mais il est difficile de savoir à quel public ce film s'adresse. D'une part on a des passages adultes : un couple qui se bécote sur une banquette arrière, beaucoup de fesses à l'air, de la drogue... Et en même temps comme dirait l'autre, on a un grand méchant à la Disney, avec ses larbins bêtes et rigolos et une histoire niaise, simpliste et manichéenne.
L'intrigue est complètement hachée, bourrée d'interruptions et de redondances, c'est du bricolage :
-Le coté post-apocalyptique avec tous les personnages qui sont des animaux mutants n'a aucune incidence.
-Le méchant est un chanteur producteur magicien qui veut invoquer un démon à partir des calculs d'un ordinateur. Il ne faut pas confondre délire aléatoire et originalité.
-La majeure partie du film se résume au sauvetage de l'héroïne : le méchant l'enlève dans la ville 1 puis part avec elle dans la ville 2, les gentils les suivent dans la ville 2 puis le méchant les expulse dans la ville 1, mais le méchant se rend compte qu'il doit retourner dans la ville 1 où justement les gentils se trouvent, passionnant non ?
-La sœur des larbins triplés est introduite, puis disparaît complètement.
-La première invocation du démon rate en faisant des dégâts et des morts, cette scène est d'ailleurs zappée. Pourtant le méchant va pourvoir réessayer sans être inquiété, avec un public toujours aussi enthousiaste. Mais si vous vous baignez dans une fontaine, vous allez tout de suite vous faire interpeller par les forces de l'ordre...
Les passages musicaux sont très moyens, on est très loin du niveau d'un Phantom of The Paradise ou d'un Rocky Horror Picture Show pour ne citer qu'eux, et on se retrouve avec des chansons très fades.
L’animation reste globalement correcte, contrairement à un Wizards, mais très moyenne par moments.
L'humour est très pauvre et a un coté Disney. Il aurait fallu se lâcher complètement, comme dans Metalocalypse.
Un ou deux passages sympas et une ambiance cool ne suffisent pas à faire un bon film. Mais pomper des idées, manquer de cohérence, de logique, d'ambition et de folie, ça peut suffire à faire un navet.